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- LA PREMIERE RENCONTRE
Les
disciples qui entourent le Baptiste sont
de tout jeunes hommes.
Lui-même a l'âge du Christ,
une trentaine d'années. Toute cette
jeunesse enthousiaste de Galilée
l'a suivi vers Aïnon où il
les baptise dans les eaux
du Jourdain. Il y a là, en particulier,
Jean et André, ceux qui, les premiers
entreprendront la démarche d'aborder
le prophète, après avoir
entendu dire
par Jean-Baptiste lui-même :
"Jésus
est l'Elu de Dieu, l'Agneau de Dieu, qui
enlève le péché du
monde".
Ils
aspirent tous à un monde nouveau
de justice et d'amour.
"Le lendemain, Jean se trouvait encore
là, ainsi que deux de ses disciples.
En attachant son regard sur Jésus
qui passait, il dit : Voici l'Agneau de
Dieu !
Et les deux disciples entendirent ce qu'il
disait et suivirent Jésus"
(Jn 1, 35-37).
Jésus
qui passe, et en voilà assez pour
bouleverser les cœurs de jeunes galiléens,
disciples du Baptiste. Ils abandonnent
le Maître qu'ils ont aimé,
pour s'attacher
à cet "Agneau de Dieu",
que sa noblesse, plus encore peut-être
que l'accent ému
de Jean le Baptiste, désigne à
leurs cœurs de vingt ans. Les voilà
séduits.
Ils
le suivent, frappés par la grandeur
de cette figure que leurs yeux ont croisée
sur le chemin. Et soixante ans plus tard,
tous les détails de cette scène
restent gravés dans leurs cœurs,
comme au jour de cette première
et inoubliable rencontre avec le Maître
qui les a conquis. Ils se souviennent
encore du geste de Jésus
qui se retourne :
"Jésus
s'étant retourné et voyant
qu'André et Jean le suivent, leur
dit :
Que cherchez-vous ? Ils lui dirent : Rabbi,
- ce qui signifie Maître - où
demeures-tu ? Il leur dit : Venez et voyez.
Ils vinrent donc et virent où Il
demeurait.
Et ils demeurèrent auprès
de lui, ce jour-là" (Jn 1,
38-39).
Jésus
est attentif aux autres et sa question
:
"Que cherchez-vous ?" redonne
confiance à André et Jean
qui osent alors lui poser la question
qui va changer le cours de leur existence
: "Maître, où demeures-tu
?" Et son invitation se fait
nette et directe, en deux impératifs
: "Venez
et voyez".
Ils
se souviennent même encore de l'heure
de cette rencontre : “C'était
à peu près après
la dixième heure” (Jn 1,
38).
"André,
le frère de Simon, était
un des deux qui avaient entendu les paroles
de Jean et qui l'avaient suivi. Il va
trouver tout d'abord son frère
Simon et lui dit : Nous avons trouvé
le Messie !” (Jn 1, 40-41).
La
découverte de Jésus est
si prenante, si passionnante, qu'on ne
rêve plus que d'une chose, lorsqu'on
Le connait soi-même, Le faire connaître
à d'autres ! André n'a passé
qu'une soirée et une nuit avec
le Christ, et le voilà déjà
qui parle
avec enthousiasme à son frère
Pierre : “Et
il l'emmena à Jésus"
(Jn 1, 42).
"André
amena donc Simon à Jésus.
Jésus arrêtant son regard
sur lui, dit : tu es Simon, fils de Jean.
Tu t'appelleras : Cephas, ce qui signifie
Pierre" (Jn 1, 42).
Jésus
a une manière de parler qui témoigne
d'une certitude intérieure qui
bouleverse ses interlocuteurs. Car dans
cette première rencontre avec Pierre,
Jésus plonge son regard dans l'âme
de Simon. Et ce regard pénètre
si avant
qu'il définit l'apôtre et
lui donne ce nom qui signifie tout l'être,
ce nom que seul Dieu connait et peut trouver.
Pour
chacun de nous d'ailleurs, avec la même
acuité, un jour le regard de Jésus
plonge dans l'âme et nous donne
notre nom,notre définition que
Lui seul connait
et nous révèle. Le regard
de Jésus pénètre.
Il rentre loin dans les cœurs et
juge
de leur valeur d'un seul coup. Son regard
pénètre au-delà de
l'homme présent,
pour atteindre toute la vie et en définit
le rôle providentiel : "Tu
t'appelleras Cephas, ce qui signifie :
Pierre".
Après
André, Jean, Pierre, il en sera
de même pour Philippe, conquis d'emblée
par le Seigneur.
"Le
lendemain, Jésus résolut
de partir pour la Galilée. Il va
trouver Philippe et Jésus lui dit
: suis-moi. Or Philippe était de
Bethsaïda, de la ville d'André
et
de Pierre" (Jn 1, 43-46).
"Philippe
va trouver Nathanaël et lui dit :
Celui de qui ont écrit Moïse
dans la loi
et les Prophètes, nous l'avons
trouvé ! C'est Jésus, fils
de Joseph, Jésus de Nazareth. Et
Nathanaël lui dit : De Nazareth peut-il
venir quelque chose de bon ? Philippe
lui dit : Viens
et vois !" (Jn 1, 45-46).
Philippe,
lui aussi, traduit sa découverte
à Nathanaël avec enthousiasme,
reprenant le vieux mot d'Archimède
qui explose ici comme un cri de joie et
de libération : "Eurêka"
- "Nous l'avons trouvé ! ".
Ils ont découvert, en effet, Celui-là
même dont Moïse a écrit
dans la loi, et dont les Prophètes
nous ont entretenus.
Pour un juif, pétri de toute cette
attente, rendue plus lancinante depuis
l'occupation romaine, quel beau jour que
celui de cette rencontre où le
Grand Prophète a laissé
tombé ces mots à son égard
:
"Accompagne-moi ! ".
Jean,
André, Pierre, Philippe, Nathanaël
font tous partie du groupe de
Jean-Baptiste puisque Jésus les
rencontre avant de regagner la Galilée.
Tous ces jeunes hommes vont quitter Jean-Baptiste
pour s'engager avec cet homme dans le
regard et les paroles les ont bouleversés.
Pour eux, il réalise l'Espérance
d'Israël ; et leurs sentiments se
résument bien dans le cri d'André
adressé
à son frère :
"Nous
avons trouvé le Messie !"
Pour
lire le récit de l'évangéliste
saint Jean : Jn 1, 35-51
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Père
Gabriel.
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