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- L'ENTRETIEN AVEC LA SAMARITAINE
Fatigué
par le route, une soixantaine de kilomètres
parcourus depuis "Ainon" (l'endroit
où Jean baptisait dans le jourdain),
Jésus se repose sur la margelle
du puits de Jacob. Ses apôtres sont
montés acheter des vivres à
Sichem.
Survient une femme de la Samarie, venue
puiser de l'eau.
Jésus surgit à l'improviste
dans sa vie. Il va piquer sa curiosité,
l'éveiller à la vie divine
et profiter du thème de l'eau qui
s'offre à Lui pour l'ouvrir à
la vie de l'Esprit. Il n'y parviendra
que progressivement car l'invasion de
Dieu ne se fait pas sans lutte.
Jésus
parle le premier, Il prend l'initiative.
Il ne nous ressemble guère, car
notre formalisme ne nous permet d'aborder
que
des gens "bien". Lui, demande
un service à cette femme dont Il
a déjà percé le mystère
:
"Donne-moi à boire" (Jn
4,7)
Cette
femme, cette Samaritaine s'étonne
!
"Comment
toi, qui es juif, tu me demandes à
boire, à moi qui suis une femme
samaritaine ? ". (Jn 4, 7)
Il
y a deux petites notations si pertinentes,
dans sa réponses ! Elle a perçu
l'intérêt que Jésus
lui porte, à elle qui n'est qu'une
femme ? (c'est-à-dire un être
méprisé dans la civilisation
où elle vit) et que ce juif, en
plus, ne dédaigne pas de parler
à une femme samaritaine, à
une étrangère.
"Car
les juifs n'ont pas de rapport avec les
Samaritains" (Jn 4, 9)
Aucun racisme chez cet homme !
Jésus
poursuit avec avantage et l'entraîne
irrémédiablement sur un
autre plan ; l'eau va lui servir de thème
pour lui parler de la vie éternelle.
"Si
tu savais le don de Dieu ! lui répondit
Jésus, et quel est celui qui te
dit : Donne-moi à boire, c'est
toi qui l'aurais prié ! et
Il t'aurais donné de l'eau vive
?
"Serais-tu plus grand que notre Père
Jacob, qui nous a donné
le puits ? Et il en a bu lui-même
et ses fils et ses troupeaux"
(Jn 4, 11).
Jésus
lève toute ambiguïté,
l'eau n'est qu'une image. Il ne s'agit
pas pour Lui de donner à boire
l'eau d'un puits, fut-il celui de Jacob
!
"Quiconque
boit de cette eau, aura encore soif ;
mais qui boira de l'eau qui je lui donnerai
n'aura plus soif à jamais. Mais
l'eau que je lui donnerai sera en lui
une source d'eau jaillissant en vie éternelle"
(Jn 4, 13-14).
Non seulement l'eau qu'Il propose étanche
notre soif d'éternel, mais elle
devient "Source". La vie de
Dieu est communicative, notre sol huma
in s'en imprègne vite et la voilà
qui rejaillit
sur tous ceux qui nous entourent.
La
femme fait la sotte. Elle ironise encore
: très bien ! finies
les corvées d'eau. Mais cela sonne
faux :
"Seigneur,
lui dit la femme, donne-moi cette eau,
afin que je n'aie plus soif et que je
ne me rende plus ici pour puiser"
(Jn 4, 15).
Jésus
a saisi son désarroi intérieur
et brusquement changeant de sujet il aborde
"son problème".
"Va,
appelle ton mari et reviens ici "(Jn
4, 16).
La réponse réponse est brève
: "Je
n'ai pas de mari", occupez-vous
de ce qui vous regarde. Parole étrange
aussi puisqu'elle souligne que l'amour
qu'elle vit n'est pas le don total de
l'amour conjugal.
Puis la parole qui perce l'abcès,
dans le droit fil de ce qu'elle-même
vient d'affirmer :
"Tu
as raison de dire : je n'ai pas de mari,
car tu as eu cinq maris et l'homme que
tu as (que tu possèdes) maintenant
n'est pas ton mari ; en cela tu dis vrai".
Non
seulement Jésus lui dévoile
sa vie mais termine par une pointe d'ironie,
soulignant qu'Il n'a pas été
dupe de ses réponses plaisantes
et très décontractées,
en apparence : "oui
en cela tu dis vrai", pour
une fois tu dis ce que tu penses.
La
pauvre perd un peu ses moyens, sa résistance
s'émousse, puis s'effondre :
"Seigneur,
je vois que tu es un prophète"
(Jn 4, 10).
Elle
se rattrape pourtant encore en déplaçant
le centre d'intérêt de la
conversation et en le ramenant à
la querelle entre Juifs et Samaritains...
Jérusalem ou Garizim ?
"Nos
pères ont adoré sur cette
montagne. Et vous dites que c'est à
Jérusalem qu'est le lieu où
il faut adorer" (Jn 4, 19)
Jésus
saisit l'occasion pour ouvrir son cœur
et lui donner
un enseignement solide sur la religion
et la prière. Celui que nous adorons,
c'est le Père. Ce qu'Il désire,
ce n'est pas une religion formaliste,
rituelle, mais un élan filial en
esprit et en vérité.
"Femme,
lui dit Jésus, crois-moi : l'heure
vient où ce ne sera
ni sur cette màontagne ni à
Jérusalem que vous adorerez le
Père... Vous adorez ce que vous
ne connaissez pas ; nous adorons ce que
nous connaissons, car le salut vient des
Juifs.
Mais l'heure vient, et c'est maintenant
où les vrais adorateurs adoreront
le Père en esprit et en vérité.
Aussi bien, ce sont
ceux-là que le Père cherche
comme adorateurs ; Dieu est esprit, et
ceux qui l'adorent doi!vent adorer en
esprit et en vérité"
(Jn 4, 21-24).
La
lumière se fait doucement.
"Je
sais, lui dit la femme, que le Messie
va venir. Celui qu'on nomme "Christ".
Lorsque celui-là sera venu, Il
nous fera tout savoir" (Jn 4, 25).
"Je le suis, lui dit Jésus,
moi qui te parle". (Jn 4, 26).
Jésus
révèle ainsi à cette
femme son identité nous faisant
bien comprendre par là que cette
Révélation n'appartient
à personne, qu'elle n'est que l'Œuvre
qu'Il est venu accomplir : révéler
à tout homme, à toute femme,
qu'Il est l'Envoyé du Père.
Il
est si heureux qu'Il en oublie de manger.
Car ses disciples, revenus de Sichem avec
leurs provisions, le pressent de manger
: "Rabbi,
mange".
"J'ai à manger, leur dit-Il,
un aliment que vous ne connaissez pas."
Les disciples se disaient donc les uns
aux autres : Quelqu'un lui aurait-il apporté
à manger ? "Ma nourriture,
leur dit Jésus,
est de faire la volonté de celui
qui m'a envoyé et j'achèverai
son œuvre"
Pour
lire le récit de l'évangéliste
saint Jean : Jn
4, 4-41
Père
Gabriel.
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