11 - L'ENTRETIEN AVEC LA SAMARITAINE


Fatigué par le route, une soixantaine de kilomètres parcourus depuis "Ainon" (l'endroit où Jean baptisait dans le jourdain), Jésus se repose sur la margelle du puits de Jacob. Ses apôtres sont montés acheter des vivres à Sichem.


Survient une femme de la Samarie, venue puiser de l'eau.
Jésus surgit à l'improviste dans sa vie. Il va piquer sa curiosité, l'éveiller à la vie divine et profiter du thème de l'eau qui s'offre à Lui pour l'ouvrir à la vie de l'Esprit. Il n'y parviendra que progressivement car l'invasion de Dieu ne se fait pas sans lutte.

Jésus parle le premier, Il prend l'initiative. Il ne nous ressemble guère, car notre formalisme ne nous permet d'aborder que
des gens "bien". Lui, demande un service à cette femme dont Il a déjà percé le mystère : "Donne-moi à boire" (Jn 4,7)

Cette femme, cette Samaritaine s'étonne !

"Comment toi, qui es juif, tu me demandes à boire, à moi qui suis une femme samaritaine ? ". (Jn 4, 7)

Il y a deux petites notations si pertinentes, dans sa réponses ! Elle a perçu l'intérêt que Jésus lui porte, à elle qui n'est qu'une femme ? (c'est-à-dire un être méprisé dans la civilisation
où elle vit) et que ce juif, en plus, ne dédaigne pas de parler
à une femme samaritaine, à une étrangère.
"Car les juifs n'ont pas de rapport avec les Samaritains" (Jn 4, 9)
Aucun racisme chez cet homme !

Jésus poursuit avec avantage et l'entraîne irrémédiablement sur un autre plan ; l'eau va lui servir de thème pour lui parler de la vie éternelle.
"Si tu savais le don de Dieu ! lui répondit Jésus, et quel est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c'est toi qui l'aurais prié ! et
Il t'aurais donné de l'eau vive ?
"Serais-tu plus grand que notre Père Jacob, qui nous a donné
le puits ? Et il en a bu lui-même et ses fils et ses troupeaux"
(Jn 4, 11).

Jésus lève toute ambiguïté, l'eau n'est qu'une image. Il ne s'agit pas pour Lui de donner à boire l'eau d'un puits, fut-il celui de Jacob !
"Quiconque boit de cette eau, aura encore soif ; mais qui boira de l'eau qui je lui donnerai n'aura plus soif à jamais. Mais l'eau que je lui donnerai sera en lui une source d'eau jaillissant en vie éternelle" (Jn 4, 13-14).

Non seulement l'eau qu'Il propose étanche notre soif d'éternel, mais elle devient "Source". La vie de Dieu est communicative, notre sol huma in s'en imprègne vite et la voilà qui rejaillit
sur tous ceux qui nous entourent.

La femme fait la sotte. Elle ironise encore : très bien ! finies
les corvées d'eau. Mais cela sonne faux :
"Seigneur, lui dit la femme, donne-moi cette eau, afin que je n'aie plus soif et que je ne me rende plus ici pour puiser" (Jn 4, 15).

Jésus a saisi son désarroi intérieur et brusquement changeant de sujet il aborde "son problème".
"Va, appelle ton mari et reviens ici "(Jn 4, 16).

La réponse réponse est brève : "Je n'ai pas de mari", occupez-vous de ce qui vous regarde. Parole étrange aussi puisqu'elle souligne que l'amour qu'elle vit n'est pas le don total de l'amour conjugal.
Puis la parole qui perce l'abcès, dans le droit fil de ce qu'elle-même vient d'affirmer :

"Tu as raison de dire : je n'ai pas de mari, car tu as eu cinq maris et l'homme que tu as (que tu possèdes) maintenant n'est pas ton mari ; en cela tu dis vrai".

Non seulement Jésus lui dévoile sa vie mais termine par une pointe d'ironie, soulignant qu'Il n'a pas été dupe de ses réponses plaisantes et très décontractées, en apparence : "oui en cela tu dis vrai", pour une fois tu dis ce que tu penses.

La pauvre perd un peu ses moyens, sa résistance s'émousse, puis s'effondre :
"Seigneur, je vois que tu es un prophète" (Jn 4, 10).

Elle se rattrape pourtant encore en déplaçant le centre d'intérêt de la conversation et en le ramenant à la querelle entre Juifs et Samaritains... Jérusalem ou Garizim ?

"Nos pères ont adoré sur cette montagne. Et vous dites que c'est à Jérusalem qu'est le lieu où il faut adorer" (Jn 4, 19)

Jésus saisit l'occasion pour ouvrir son cœur et lui donner
un enseignement solide sur la religion et la prière. Celui que nous adorons, c'est le Père. Ce qu'Il désire, ce n'est pas une religion formaliste, rituelle, mais un élan filial en esprit et en vérité.

"Femme, lui dit Jésus, crois-moi : l'heure vient où ce ne sera
ni sur cette màontagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père... Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.
Mais l'heure vient, et c'est maintenant où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. Aussi bien, ce sont
ceux-là que le Père cherche comme adorateurs ; Dieu est esprit, et ceux qui l'adorent doi!vent adorer en esprit et en vérité"
(Jn 4, 21-24).

La lumière se fait doucement.

"Je sais, lui dit la femme, que le Messie va venir. Celui qu'on nomme "Christ". Lorsque celui-là sera venu, Il nous fera tout savoir" (Jn 4, 25).

"Je le suis, lui dit Jésus, moi qui te parle". (Jn 4, 26).

Jésus révèle ainsi à cette femme son identité nous faisant bien comprendre par là que cette Révélation n'appartient à personne, qu'elle n'est que l'Œuvre qu'Il est venu accomplir : révéler
à tout homme, à toute femme, qu'Il est l'Envoyé du Père.

Il est si heureux qu'Il en oublie de manger. Car ses disciples, revenus de Sichem avec leurs provisions, le pressent de manger : "Rabbi, mange".

"J'ai à manger, leur dit-Il, un aliment que vous ne connaissez pas." Les disciples se disaient donc les uns aux autres : Quelqu'un lui aurait-il apporté à manger ? "Ma nourriture, leur dit Jésus,
est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et j'achèverai
son œuvre"

Pour lire le récit de l'évangéliste saint Jean : Jn 4, 4-41

Père Gabriel.

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Jésus de Nazareth
vrai Dieu et vrai Homme






 









 

 



 

 

 

 



 

 

 

 



 

 

 



 

 

 

 

 

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