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Evangile de l'apôtre saint Mathieu
26, 36-40

Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani et leur dit :
« Restez ici, pendant que je m'en vais là-bas pour prier. »

Il emmena Pierre, ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée,
et il commença à ressentir tristesse et angoisse.

Il leur dit alors :
« Mon âme est triste à en mourir. Demeurez ici et veillez avec moi. »

Il s'écarta un peu et tomba la face contre terre, en faisant cette prière :
« Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi !
Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. »

Puis il revient vers ses disciples et les trouve endormis.



Le Père Gabriel médite avec nous le récit de saint Matthieu
de l'Agonie de Jésus à Gethsémani


A Gethsémani, les souffrances de Jésus furent multiples.
Souffrances qui vont jusqu'à Lui arracher ce cri :
"Père, si Tu veux, éloigne de Moi ce calice"
(Lc 22, 42)

Souffrances si atroces qu'un ange se penche sur la détresse du Fils de Dieu.
"Et il Lui apparut un ange du ciel qui Le réconfortait"
(Lc 22, 43).

 

 

On sent dans l'Evangile de Marc cette marée qui monte et envahit son coeur.

"Et Il commença à être envahi par l'effroi et l'abattement" (Mc 14, 33).

Et cette angoisse devient si violente qu'Il en transpire du sang,
allant ainsi jusqu'à la limite de la souffrance humaine.



"Et étant en agonie,

Il priait avec plus d'instance
et
sa sueur fut comme des gouttes de sang

qui coulaient jusqu'à terre

(Lc 22,41)


 

En face de sa passion et dans solitude, l'incompréhension totale des apôtres !
Ils ne saisirent son drame qu'après la résurrection ! ...

Car au moment de sa passion et de son agonie,
ses apôtres sont écrasés par le chagrin.

"Et se relevant après la prière et venant vers les disciples,
Il les trouve endormis par le chagrin"
(Lc 22, 45).

Ils ne comprennent pas,
Jésus leur échappe et c'est bien plus du désarroi,
souligne le texte, que de l'indifférence...

Jésus les aime comme des amis vers qui on se réfugie dans la souffrance.
Mais c'est surtout Lui qui aime, et leur amour ne correspond pas au sien.

Devant Jésus qui souffre, ils sont désemparés, démontés.
Ils ne savent plus réagir.
Ils l'aiment et l'admirent, bien sûr, mais en même temps,
ils se sont toujours sentis si loin de Lui dans un sens,
si bien que sa faiblesse d'aujourd'hui les paralyse.

Dans la peine et la souffrance,
Jésus ne trouvera pas grand réconfort auprès d'eux.

"Et Il vient pour la troisième fois et leur dit :
dormez désormais, et reposez-vous ; c'en est fait.
L'heure est arrivée :

le Fils de l'homme va être livré aux mains des pécheurs.
Levez-vous, allons !
Voici que celui qui me livre est tout près"
(Mc 14, 41-42).


L'heure redoutée par Jésus arrive, l'heure de la trahison et de la mort.

Comme tant d'hommes, Il connaîtra une mort ignominieuse ;
comme tous les hommes, Il voit venir la mort.

Il est vraiment le Fils de l'homme qui prend à bras le corps notre condition,
pour la transformer par sa confiance.