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Evangile de l'apôtre saint Marc
15, 20-22



Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau rouge,
et lui remirent ses vêtements.

et ils réquisitionnent, pour porter la croix,
un passant, Simon de Cyrène,
le père d'Alexandre et de Rufus, qui revenait des champs.

Et ils amènent Jésus à l'endroit appelé Golgotha,
c'est-à-dire : Lieu-du-Crâne, ou Calvaire.


Le Père Gabriel médite avec nous le récit de saint Marc
du Portement de croix de Jésus

"Pilate voulant donner satisfaction au peuple,
leur relâcha Barabbas qu'ils demandaient
et
livra Jésus,
L'ayant flagellé pour qu'Il fût crucifié.
Et lorsqu'ils se furent joué de Lui,
ils Lui ôtèrent la pourpre et Lui remirent ses vêtements"
(Mc 15-20).

 

Après s'être copieusement moqué de Lui,
les soldats lui arrachèrent donc la chlamyde rouge
dont ils L'avaient affublé et mirent ainsi à vif les plaies de la flagellation.
Ils Lui remirent ses vêtements sans plus de ménagements
et renouvelèrent encore son supplice.

De l'avis même des plus grands chirurgiens,
le docteur Barbet de l'hôpital Saint-Joseph, entre autres,
ces douleurs multipliées par l'ébranlement, l'écrasement de milliers de transmissions nerveuses
provoquées par la flagellation,
devaient provoquer la mort du Christ, après des syncopes répétées.

Oui, rien que cela
(et c'est plusieurs fois qu'il subira ce supplice prolongé de la flagellation par l'arrachement de ses vêtements)
aurait suffi à provoquer sa mort ici et au calvaire.

Toute la souffrance de l'abandon,
de la déréliction devant l'iniquité, de la justice humaine
est bien traduite par la phrase de Luc rapportant la lâcheté de Pilate :
"Et Pilate prononça qu'il serait fait comme les grands prêtres
et les anciens le lui demandaient ;

il relâcha celui qui avait été jeté en prison pour sédition et meurtre
et qu'ils demandaient ;
quant à Jésus, Il Le livra à leur volonté"
(Lc 23, 24-25).
 

"Et quand les soldats emmenèrent Jésus,
ils mirent la main sur un certain Simon de Cyrène, revenant des champs.
Ils le chargèrent de la croix pour la porter derrière Jésus"
(Lc 23, 26).

Jésus n'a pas voulu porter seul sa croix rédemptrice.
Ses ennemis, eux, craignaient seulement de le voir mourir sur le chemin,
mais cette aide revêt un sens beaucoup plus profond,
dans le plan rédempteur de Dieu.


L'homme ne peut échapper à la souffrance, et,
à la suite de Simon,
nous avons tous à prendre notre croix et à la porter.

Comme pour cet homme, la croix de la souffrance nous tombant dessus à l'improviste.

Le texte souligne la résistance de Simon
- les soldats mirent la main sur un certain Simon de Cyrène -
et cela lui arrive brutalement, quand il revient des champs,
alors qu'il est à cent lieues de s'attendre à une telle corvée.


Dans la montée au Calvaire :

"Jésus était suivi d'une grande masse de peuple, et de femmes
qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Lui"
(Lc 23, 27).

Ce sont les femmes qui, au moment de la déréliction, de l'abandon,
se montrent courageuses, avec les gens du peuple.

Elles osent braver l'opinion et l'autorité,
et Lui témoigner leur amour par leur démarche,
leurs larmes et leurs cris.

Leur geste luit comme une belle éclaircie par une journée d'orage.

Jésus leur annonce et les malheurs de la ruine de Jérusalem en 70,
et son mystère à Lui, l'arbre de vie, écrasé par la souffrance.
Cette souffrance n'épargnera pas le bois sec de leurs enfants.

Si Lui, le Fils de Dieu, a souffert ainsi, ne faudra-t-il pas que nous aussi pécheurs, nous souffrions ?

Si le cep est taillé si durement par le divin vigneron,
il faudra bien que les branches passent par la même épreuve !

"Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi !
Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants, car voici des jours où l'on dira :
heureuses les femmes stériles ! Et les entrailles qui n'ont pas enfanté !
Et les mamelles qui n'ont pas nourri !

Alors on se mettra à dire aux montagnes : tombez sur nous !
Et aux collines : cachez-nous !
Car si l'on traite ainsi le bois vert, qu'en sera-t-il du bois sec"
(Lc 23, 27-31).

Jésus souligne aussi aux femmes une de leurs plus grandes souffrances,
inhérente à notre liberté.
Nos enfants sont des êtres libres et ne suivent pas forcément nos chemins.


Seule la prière
infléchit leur volonté dans le jeu de l'Esprit qui sait,
dans la force et le respect, transformer le coeur des êtres libres.

Et cela la prière l'obtient, avec nos pleurs.

"Ne pleurez pas sur Moi, mais sur vous-mêmes et vos enfants".
Confondu avec les malfaiteurs !
Ce n'est pas par hasard que son Amour le conduit à cette extrémité.

Tant d'hommes sont arrêtés, emprisonnés, torturés, tués comme le Fils de l'homme.

"On conduisait aussi deux autres malfaiteurs avec Lui pour être exécutés"
(Lc 23, 32).