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Evangile de l'apôtre saint Luc
chapitre 1


Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.

L'ange entra chez elle et dit :
« Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »

A cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.

L'ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. »

Marie dit à l'ange :
« Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? »

L'ange lui répondit :
« L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ;
c'est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu.

Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse
et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'.
Car rien n'est impossible à Dieu. »

Marie dit alors :
« Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Alors l'ange la quitta.


Le Père Gabriel médite avec nous le récit de saint Luc
de l'Annonciation

La Vierge Marie y reste au centre de nos pensées
et nous introduit au coeur du Mystère de Jésus, son Fils :

Fils de l'homme et Fils de Dieu.

L'ange Gabriel, étant entré chez la Vierge, dit :

 

" Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi. (Tu es bénie parmi les femmes.)
Et elle fut troublée par ce discours,
et se demandait ce que pouvait être cette salutation.
Et l'Ange lui dit :
Ne crains pas, Marie, car tu as trouvé grâce devant Dieu" (Lc 1, 28-30).

On semble dire parfois
que la Vierge fut troublée par la présence de l'ange Gabriel venu surprendre une Vierge timide.

Le texte de Luc,
qui nous vient de Marie et qui traduit ses sentiments profonds,
ne nous fait part que de son étonnement devant la parole

"elle fut troublée de ce discours",(Lc 1,29),

et de la crainte spirituelle qui tourmentait son esprit devant la qualité de cette salutation :
"et elle se demandait ce que pouvait être cette salutation" (Lc 1, 29).

Elle avait bien saisi le sens des paroles de ce "Pleine de grâce",
mais ne comprenait pas comment il pouvait s'adresser à Elle.

Aussi la réponse de l'Ange est-elle toute dans ce sens :

"Ne crains pas, Marie, car en effet tu as trouvé grâce devant Dieu"

et ma salutation n'est pas une exagération de ma part,
de belles paroles ampoulées,
mais elle puise sa valeur dans l'attitude même de Dieu à ton égard.

Cette gratuité de l'amour,
nulle autre mieux que Marie ne pouvait la si bien comprendre.

Et l'Ange ajoute :


"Et voici que tu concevras et que tu enfanteras un fils
Et tu l'appelleras du nom
de Jésus.
Il sera grand et sera appelé fils du Très-Haut.

Et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père :
et
il règnera sur la maison de Jacob pour les siècles.

Et son règne n'aura pas de fin"
(Lc 1, 30-33).
 

Cette femme intelligente qui s'est posée des questions
au sujet de ce compliment

"Salut, pleine de grâce",
parce qu'elle en avait trop bien compris l'excès, réalise de même,
après cette première mise au point de l'ange Gabriel,
que la description du Messie qu'il lui fait,
et dont il lui demande de devenir la mère, change tout pour elle.

Dans la lumière du Messie,
Fils du Très-Haut, Fils de David,
elle devra enfanter,
et là, dans sa vie spirituelle, dans sa vie d'union à Dieu,
s'installe une faille,
car Dieu l'a prise depuis longtemps,
elle s'est donnée à Lui seul,
aussi l'interrogation jaillit-elle,
sans trouble d'ailleurs :


"Comment en sera-t-il ainsi, puisque je ne connais pas d'homme ?" (Lc 1,34).

Elle ne demande pas de signe, comme Zacharie,
mais elle pose une question fondamentale pour elle :

comment restera-t-elle dans l'amour intégral, exclusif de Dieu, tout en devenant mère

La réponse de l'Ange lui donne la solution d'une manière splendide et inattendue :..
"L'Esprit-Saint viendra sur toi, la vertu du Très Haut te couvrira de son ombre" (Lc 1, 35).

L'ombre qui vient de Dieu n'est que lumière,
et cette zone incomprise de la maternité,
coupant la Vierge du grand idéal d'union parfaite,
d'union au sens étymologique avec son Dieu,
s'éclaire brusquement aux paroles du messager de Dieu.

Non seulement l'union n'est pas menacée,
mais elle est renforcée,
poussée jusqu'à la dernière puissance dont est capable un être humain.

..."L'Esprit-Saint viendra sur toi, la vertu du Très-Haut te couvrira de son ombre ;
et pour cela l'enfant né sera saint, il sera appelé FIls de Dieu" (Lc 1, 35).

Maintenant la réponse monte aux lèvres de Marie :
"Voici la servante du Seigneur : qu'il me soit fait selon ta parole" (Lc 1, 38).

Et déjà germe dans son coeur la joie profonde et tranquille du Magnificat,
avec le Fils qu'elle porte.


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