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Qui était Mère
Teresa ?
1° Quelques
dates qui permettent de la situer dans le XX° siècle
:
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En août 1910 : Naissance d'Agnès
Gonxha Bajaxhiu à Skopje, future capitale de la Macédoine.
¤ En 1918, à huit ans,elle
perd son père, Nicolas, citoyen albanais.
¤ En 1922, à 12 ans, elle
ressent un premier appel à la vie consacrée;
¤ En 1928,
à 18 ans, elle entre chez les Soeurs de
ND de Lorette, d'inspiration ignacienne et fait son noviciat
à Darjeeling, au pied de l'Himalaya;
¤ En mai 1931, à 21 ans, elle prononce
ses voeux et prend le nom de Térèsa, à
cause de Thérèse;
¤ En 1932, elle part en Bengali où
elle sera institutrice, puis professeur et directrice d'une
école de jeunes filles de bonne famille, pendant
plusieurs annnées.
¤ En 1937, à 27 ans, elle prononce
ses voeux définitifs dans sa communauté.
¤ Le
10 septembre 1946, elle a 36 ans, en partant à
une retraite à Darjeeling, elle entend un appel à
renoncer à tout pour suivre le Christ dans les plus
pauvres;
¤ Le
16 août 1948, elle a 38 ans, avec l'accord de
Pie XII, elle quitte sa congrégation se revêt
d'un simple sari blanc, avec bordure bleue et une croix
sur l'épaule; elle s'installe dans le coin d'un jardin
d'une famille, au milieu d'un bidonville à Calcutta,
avec 5 roupies.
¤ En octobre
1950, elle a 40 ans, Fondation officielle des Missionnaires
de la Charité, avec les trois voeux de pauvreté,
chasteté, obéissance et la consécration
de sa vie au service des plus pauvres .
¤ en 1951,
Elle a 41 ans et reçoit la nationalité indienne.
¤ en 1952, elle fonde le premier hospice
et obtient un abri pour recevoir les mourants.
¤ en 1957, elle a 46 ans, elle reçoit
ses 5 premiers lépreux et va construire "une
cité de la paix" pour les lépreux.
¤ en 1963, Fondation des Frères Missionnaires
de la Charité
¤ en 1979, Mère Teresa reçoit
le Prix Nobel de la Paix;
¤ en 1984, Fondation des Pères
Missionnaires de la Charité
¤ en
1986, visite de Jean Paul II en Inde et Fondation des
Frères Laïcs de la Charité, qui restent
dans le monde et font le voeu de servir les pauvres toute
leur vie.
¤ en
1986, Fondation de la branche contemplative des Missionnaires
de la Charité.
¤ en
1994, à la Conférence internationale
sur la population au Caire, Mère Térésa
prend vivement partie pour la protection des droits de l'enfant
à naître.
¤ le 5 septembre 1997, à 87 ans,
Mère Térésa meurt d'une crise cardiaque
à Calcutta
Source : Famille
chrétienne du 4 au 10 ocotobre 2003
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Entretien
avec le père Brian Kolodiejchuk
un des premiers membres de la branche masculine des Missionnaires
de la Charité
et postulateur de la cause
de béatification de Mère Teresa.
1° PARTIE
le 13 octobre 2003
Q : Le 20 décembre dernier, le décret d’un
miracle attribué à Mère Teresa était
rendu public.
La béatification de Mère Teresa était
donc annoncée cinq ans et trois mois après
sa mort.
Comment expliquez-vous un délai aussi court ?
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Père
Kolodiejchuk :
La première raison de ce délai aussi court est certainement
la grande réputation de sainteté
dont jouissait déjà Mère Teresa lorsqu’elle
était en vie.
Beaucoup la considéraient comme une sainte
et la qualifiaient même de « sainte vivante ».
C’était l’opinion générale non
seulement des fidèles catholiques
mais aussi de personnes d’autres religions et même
de personnes agnostiques.
Les media
internationaux avaient suivi sa vie et son œuvre avec beaucoup
d’intérêt.
Beaucoup admiraient la charité et l’amour désintéressé
dont elle faisait preuve à l’égard des pauvres.
Elle était devenue un symbole d’amour et
de compassion pour les plus pauvres parmi les pauvres.
Lors
de sa mort,
le gouvernement indien lui a rendu hommage par des funérailles
nationales,
auxquelles ont assisté de nombreux responsables mondiaux.
Beaucoup à travers le monde ont suivi les funérailles
à la télévision.
Ceci a été un merveilleux hommage à Mère
Teresa et à sa réputation de sainteté.
Mais ce sont surtout les gens simples,
les pauvres qui avaient fait l’expérience
de son amour maternel, qui l’ont pleurée.
Ce sont eux qui témoignent le plus de sa sainteté.
En raison
de cette réputation de sainteté solide et répandue,
la Congrégation pour les Causes des Saints a reçu,
peu de temps après sa mort,
une avalanche de demandes d’ouverture de son procès
de béatification et de canonisation.
L’une
des premières demandes – la principale – est
arrivée en octobre 1997
lorsque l’archevêque de Calcutta,
Henry D’Souza a demandé à la Congrégation
pour les Causes des Saints
une dispense de la norme prévoyant une période d’attente
de cinq ans après la mort
avant que l’enquête diocésaine
sur la Vie,
les Vertus
et la Réputation de Sainteté puisse commencer.
Quatorze
mois plus tard, le 12 décembre 1998,
la Congrégation accordait la dispense et l’enquête
diocésaine pouvait commencer.
Après
quelques étapes préliminaires, l’enquête
diocésaine a commencé à Calcutta, le 26 juillet
1999.
La période de la collecte d’informations a ainsi
commencé :
des entretiens avec des témoins oculaires
et la révision de documents et de matériel touchant
à la vie et
à l’œuvre de Mère Teresa.
La session de clôture de l’enquête diocésaine
a eu lieu le 15 août 2001.
Les Actes de l’Enquête Diocésaine représentent
80 volumes d’environ 450 pages chacun.
Ce matériel a été remis à la Congrégation
pour les Causes des Saints, à Rome.
Même
si une exemption a été faite pour la période
d’attente,
aucune exemption n’a été accordée pour
le procès formel lui-même
ou l’une ou l’autre des étapes du procès.
Une « Position sur les Vertus », ou « positio
» a été préparée sous la direction
du rapporteur,
Mgr José Luis Gutiérrez Gómez.
Ceci
a bien sûr demandé beaucoup de travail et d’efforts.
Une étude sérieuse et détaillée de
la vie et de l’œuvre de Mère Teresa a été
réalisée.
Ce fut un travail beau et gratifiant car on a découvert
beaucoup de choses.
En avril 2002 la « positio » fut terminée et
remise à la Congrégation pour les Causes des Saints.
Ce travail
a été rendu possible grâce au dévouement
de ceux qui travaillaient à la cause à Calcutta
et à Rome,
et grâce à l’aide généreuse d’un
grand nombre de personnes.
Mais la Providence de Dieu a été plus importante
encore que tout le reste.
Nous avons reçu l’aide qu’il fallait au moment
opportun et
je peux vraiment dire que la main de Dieu nous assistait et nous
guidait sur le chemin.
Q : Totalement abandonnée à Dieu,
Mère Teresa a fait du service aux plus pauvres parmi
les pauvres,
aux personnes abandonnées de tous,
aux malades et aux moribonds, sa vie.
Notre époque est caractérisée par une
recherche de plaisir, de succès,
de sécurité et par l’égoïsme.
Pourquoi la future bienheureuse est-elle aussi admirée
dans la société en général ?
|
Père
Kolodiejchuk :
L’attrait de Mère Teresa est avant tout dans l’attrait
de l’Evangile lui-même.
Ce qui était le plus visible et le plus attrayant chez
Mère Teresa,
c’était le fait qu’elle vivait le message
de l’Evangile de manière radicale.
Si elle a été si admirée et recherchée
ce n’est pas tant à cause de son éloquence
– elle parlait de manière plutôt simple –
que parce qu’elle « mettait de l’amour
dans ses actions »,
comme Jésus l’a enseigné.
Le message
de l’Evangile avait pris racine en elle,
elle le comprenait et y croyait.
Elle l’avait laissé imprégner son être
et ceci se reflétait dans sa manière de vivre.
Elle ne s’accordait pas de compromis et en cela,
sa détermination et son courage étaient admirables.
Même ceux qui la critiquaient étaient impressionnés
par cela.
Sa vie
et son œuvre donnaient de l’authenticité à
ses paroles
et c’était ce que les gens cherchaient lorsqu’ils
l’invitaient à prononcer des discours
ou lorsqu’ils choisissaient de lui décerner des prix
ou des honneurs.
Même dans une société aussi sécularisée,
vivre l’Evangile de manière radical est encore attrayant.
L’un
des aspects particulièrement importants de cet attrait
était le service de Mère Teresa aux plus nécessiteux.
Sa compassion,
son attention,
son service efficace aux plus nécessiteux –
le dernier et le plus petit, la personne rejetée et mal-aimée
–
étaient l’expression d’un amour total,
un amour d’abnégation,
en réponse à l’appel spécial qu’elle
avait reçu en 1946
à désaltérer la soif d’amour et d’âmes,
de Jésus.
A une
époque où le rejet de la vie est si commun
et où les gens sont abandonnés à cause de
l’indifférence,
Mère Teresa est apparue comme un messager
auprès de chaque personne qu’elle rencontrait :
« Dieu t’aime et te
veut, il te désire ardemment, il a soif de toi ».
Elle a vécu ce message en embrassant les plus pauvres,
les plus abandonnés, les moins aimés,
ceux que personne d’autre ne voulait et
pour lesquels personne d’autre n’avait le temps.
Avec elle, chaque personne se sentait spécialement
aimée.
Le fait
que Mère Teresa ait fait naître cette admiration
montre que
les gens sont encore à la recherche de spirituel.
Même sans le savoir, les gens ont soif de Dieu.
Comme le dit le Saint Père dans sa Lettre Apostolique «
Novo Millennio Ineunte » :
« La sainteté (…),
message éloquent qui n’a pas besoin de paroles,
elle représente d’une manière vivante, le
visage du Christ ».
Au fond, c’est la sainteté de Mère Teresa
qui a attiré les gens à elle,
et c’était Son visage qu’ils admiraient en
elle.
lundi 13 octobre 2003
2° PARTIE
le 17 octobre
Q :
Pour confirmer la nouvelle de la béatification de
Mère Teresa,
,
Sœur Nirmala, la supérieure générale
des Missionnaires de la Charité,
et vous-même, reconnaissez dans un rapport que :
« son témoignage et son message sont profondément
appréciés
par toutes les religions,
ceci étant le signe que Dieu aime encore le monde
aujourd’hui ».
Dans quelle mesure la personne de Mère Teresa contribue-t-elle
à l’unité et au dialogue interreligieux
? |
Père Kolodiejchuk
:
Mère Teresa était au service de tous,
quelles que soient leur caste, leur croyance, leur race ou leur
nationalité.
De cette manière elle rendait témoignage à
la vérité qu’elle proclamait elle-même
:
« Toute personne est enfant
de Dieu, fait pour aimer et être aimé ».
Elle insistait sur le
fait que nous sommes tous enfants du même
« Père aimant »
et espérait que tous parviendraient un jour à reconnaître
cette vérité.
Il est en même
temps important de souligner
que Mère Teresa avait beaucoup de respect pour toutes les
religions et
avait de nombreux amis appartenant à d’autres religions.
Mais elle n’a jamais fait de compromis avec sa propre foi.
Son authenticité et sa transparence à cet égard
étaient très appréciés.
Si elle respectait la religion des autres,
cela impliquait que les autres aussi respecteraient la sienne,
et effectivement,
les gens respectaient ses convictions religieuses.
Elle allait partout
en tant que « missionnaire »,
en tant que religieuse catholique,
en tant que messager de l’Evangile et elle était
acceptée et respectée en tant que tel.
Sa présence était une proclamation de sa foi et
un témoignage du vrai visage de l’Eglise,
une amie du plus petit et du dernier,
comme l’était son Maître et Seigneur.
Depuis sa mort,
des gens de toutes les croyances viennent prier sur sa tombe,
attirés par sa vie et son message.
En Inde également, des gens de différentes origines
religieuses se rassemblent
pour honorer sa vie et son œuvre.
Mère Teresa continue d’être un facteur d’unité.
Q : Lorsqu’elle a embrassé la vie religieuse,
Agnes Gonxha Bojaxhiu, future fondatrice des Missionnaires
de la Charité,
a choisi un nom,
en se plaçant sous la protection de sainte Thérèse
de Lisieux, patronne des missions.
Qu’est-ce que Mère Teresa a laissé en
héritage aux missionnaires du 21e siècle ?
|
Père Kolodiejchuk
:
Même si Mère Teresa a vécu ce que l’on
appelle traditionnellement une vie religieuse « active »,
c’est la prière qui avait la première place
dans sa vocation.
La relation de Mère
Teresa avec Dieu était à la base de toute son activité
et ceci faisait d’elle une vraie contemplative.
Son exemple nous rappelle une fois encore que toute activité
missionnaire
doit commencer et finir dans la prière.
La prière et le sacrifice étaient ses premiers instruments
missionnaires,
comme ils l’étaient pour sa patronne, sainte Thérèse
de Lisieux.
On est toujours tenté
de réduire la mission à un service social.
Mais pour Mère Teresa,
un missionnaire doit être
« un porteur de l’amour de Dieu ».
Ce mandat était le seul but de toute son activité
apostolique.
Elle s’efforçait
de révéler l’amour de Dieu dans les
situations concrètes de la vie quotidienne.
Nourrir les affamés,
revêtir les personnes nues,
s’occuper des malades,
ou entreprendre tout autre apostolat,
c’était sa manière de canaliser l’amour
de Dieu vers la personne.
Mère Teresa cherchait
la face du Christ dans la prière et l’apostolat
et elle est ainsi devenue une vraie contemplative au cœur
du monde.
Elle partait de la prière,
spécialement de l’Eucharistie pour aller vers les
pauvres et des pauvres elle revenait à la prière.
«
Je ne suis pas appelée au succès mais à la
fidélité » répétait-elle
souvent.
C’était sa manière d’affirmer que la
fidélité à la mission
qui lui avait été confiée passait avant les
résultats
ou la popularité dont elle jouissait.
Sa mission auprès
des pauvres n’était pas une question de prestige
mais de service.
Il s’agissait pour elle de prendre la dernière place
parmi ses frères et sœurs.
Elle était consumée par un désir :
celui de transmettre l’amour
de Dieu aux pauvres et aux nécessiteux.
Pour conclure,
je dirais qu’il faut toujours garder à l’esprit
l’origine surnaturelle et le but de toute mission,
même lorsque l’on réalise une activité
temporelle.
En cela Mère Teresa reste un exemple.
Tout ce qu’elle a fait,
elle l’a fait pour communiquer l’amour de Dieu aux
personnes qu’elle servait.
Pour cela il faut que la prière ait la première
place dans la vie missionnaire.
En définitive,
seule la sainteté de vie ne peut donner complètement
le message de l’amour de Dieu.
Q : Le rôle de Mère Teresa en tant que fondatrice
s’étend aux frères et sœurs actifs
et contemplatifs, aux prêtres et aux laïcs consacrés.
Elle a également encouragé des collaborateurs
à participer
au service des plus pauvres parmi les pauvres.
Ne courait-elle pas le risque de réduire le travail
des Missionnaires de la Charité
à un simple service social,
même s’il donnait de très bons résultats
?
|
Père
Kolodiejchuk :
Mère Teresa disait souvent que nous n’étions
pas des assistants sociaux
même si nous faisions du travail social ;
et elle ajoutait :
« Nous le faisons pour quelqu’un ».
Ce qu’elle voulait dire, c’est qu’en définitive,
c’est à Jésus que son humble service était
adressé.
A la base de cette déclaration se trouvait ce qu’elle
appelait :
« l’Evangile sur cinq
doigts »,
car elle comptait sur ses doigts les paroles de Matthieu 25,40
« you did it to me »
(C’est à moi que vous
l’avez fait).
Quel que soit le service
qu’elle était en train d’accomplir,
elle gardait cette vérité dans son cœur :
C’est avec Jésus qu’elle se trouvait lorsqu’elle
était en prière,
c’est Jésus qu’elle touchait à travers
les pauvres,
c’est Jésus qu’elle rencontrait dans chaque
personne avec laquelle elle entrait en contact.
Encore une fois,
elle était vraiment devenue
une « contemplative au cœur du monde »,
qui perçoit, reconnaît, sert Dieu en présence
de chaque personne rencontrée
et dans chaque événement.
Mère Teresa ne
s’est jamais perdue dans les résultats,
même s’ils étaient considérables.
Ce qui importait pour elle c’était la personne devant
elle,
au moment présent,
la personne qui avait besoin de son amour et de son attention
– maintenant.
Elle était profondément
convaincue
que tout ce qu’elle parvenait à accomplir était
« l’œuvre de Dieu »
et que Dieu utilisait sa « petitesse pour montrer Sa grandeur
».
Et quand elle parlait de résultats,
c’était seulement pour mettre en
évidence les merveilles que « Dieu fait ».
Elle a réussi à donner une dimension contemplative
à son travail et
c’est cela qui a permis que ce travail ne soit pas un simple
service social, aussi louable soit il.
Q : Certains critiquent
le fait que Mère Teresa se soit occupée
des personnes marginalisées,
mais sans viser à travers son œuvre à
changer les structures sociales.
Comment expliquez-vous cette attitude de Mère Teresa
?
|
Père Kolodiejchuk
:
Toute la vie de Mère Teresa visait à répondre
à l’appel de Dieu qu’elle avait reçu
en 1946.
A partir du 10 septembre
1946
elle a eu des rencontres mystiques avec le Christ
qui ont abouti à la fondation des Missionnaires de la Charité.
Ces fortes expériences étaient la véritable
raison et la motivation du service aux pauvres.
Elle en était très consciente.
Sa première préoccupation
était donc de suivre l’appel qu’elle avait
reçu du Christ,
qui n’incluait pas un appel à changer les structures
sociales.
Sa mission était de transmettre l’amour de Dieu aux
plus pauvres
parmi les pauvres à travers son humble service.
Elle était appelée
à entrer dans le monde de la pauvreté
et à apporter la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu
aux pauvres,
non pas à résoudre les problèmes politiques,
économiques et sociaux, du monde.
Elle était parfaitement consciente de cela
et n’aurait fait de compromis avec ce principe pour aucune
raison au monde.
Une fois elle a dit :
« Si j’entre dans les
affaires politiques, je n’aurai pas le temps d’aimer
»,
et cela aurait sûrement été vrai dans son
cas.
La raison pour laquelle
Mère Teresa ne s’est pas engagée directement
dans un travail de changement social,
était donc qu’elle suivait sa propre vocation.
Elle avait une mission à remplir auprès d’un
groupe de personnes particulier,
et elle était engagée dans un domaine particulier
de service aux pauvres.
Elle savait qu’elle
ne pouvait pas tout faire
mais s’efforçait de faire de son mieux là
où elle était appelée.
Elle disait souvent :
« Tu ne peux pas faire ce
que je peux faire,
je ne peux pas faire ce que tu peux faire,
mais ensemble nous pouvons faire ‘quelque chose de beau
pour Dieu’ ».
Pendant que d’autres
travaillent de façon légitime à changer les
structures sociales,
elle mettait toute son attention à offrir une aide efficace
et immédiate aux plus pauvres parmi les pauvres,
à ceux qui étaient le plus dans le besoin.
Il est nécessaire d’offrir aux gens une canne pour
pêcher
mais quelqu’un doit se préoccuper de leur donner
un poisson
pour qu’ils aient la force de tenir la canne.
3° PARTIE
le 20 octobre 2003
Q :Les
Missionnaires de la Charité sont supposés
prier environ quatre heures chaque jour;
Comment
Mère Teresa a-t-elle réussi à concilier
la vie contemplative et la vie de service ?
|
Père Kolodiejchuk
:
Mère Teresa a réussi à concilier la contemplation
et le service
en gardant continuellement à l’esprit le but et
la raison ultime de l’existence de sa congrégation.
En 1947 elle l’avait
déjà clairement défini :
« Le but des Missionnaires
de la Charité
est d’assouvir la soif infinie d’amour et d’âmes
de Jésus sur la croix
en travaillant au salut et à la sanctification des plus
pauvres parmi les pauvres ».
Assouvir la soif d’amour
et d’âmes de Jésus était la raison ultime
de tout ce qu’elle faisait.
Cet objectif n’a jamais quitté son cœur et son
esprit.
Toutes ces énergies allaient dans ce sens.
La soif de Jésus imprégnait tous les aspects de
sa vie,
dans la prière comme dans le service.
C’était le charisme qu’elle avait reçu,
et tout tournait naturellement autour de ce charisme.
Pour concilier la prière
et l’action, la vie des Missionnaires de la Charité
prévoit
environ quatre heures de prière par jour.
Mère Teresa est restée exceptionnellement fidèle
à ses temps de prière.
Elle commençait sa journée par la prière,
la méditation et la messe,
qu’elle considérait comme les moments les plus importants
de sa journée.
Après avoir reçu
Jésus dans l’Eucharistie
elle allait Le servir dans les plus pauvres parmi les pauvres.
La prière était le moment où elle était
unie à Jésus,
où elle l’écoutait,
où elle s’abandonnait à lui,
où elle cherchait Sa volonté dans tout ce qu’elle
faisait.
Le deuxième moment
le plus important de sa journée était une heure
d’adoration eucharistique.
Elle ne manquait ce rendez-vous que pour des raisons extrêmement
graves.
Cela supposait parfois un effort extraordinaire.
Elle passait du temps en prière même après
un voyage long et fatigant ou lorsqu’elle était malade.
Mère Teresa accordait
une grande importance à la prière du chapelet.
Marie était sa compagne inséparable,
celle qui l’aidait à vivre en présence de
Dieu et à vivre les mystères du Christ.
Elle priait le chapelet dans la chapelle,
dans la rue,
dans le bus ou dans l’avion.
C’était pour elle un moyen essentiel pour méditer
les mystères
de la vie de Jésus et Marie
et pour prier continuellement.
On la voyait souvent tenir son chapelet dans la main.
Elle voulait ainsi rappeler la présence de la Vierge et
le lien étroit qui existait entre elle et la Mère
de Dieu.
Q :
Mère Teresa était une mystique.
Pensez-vous qu’elle soit, de ce fait, un modèle
? |
Père Kolodiejchuk
:
Oui, absolument.
Même si son expérience mystique des ténèbres
n’est pas de la même nature
que notre expérience des ténèbres
qui est souvent due à un manque de ferveur ou de vertu,
à la médiocrité ou l’égoïsme,
elle nous montre tout de même comment vivre notre propre
expérience de ténèbres.
Elle l’a accepté
dans un abandon total à la volonté de Dieu
et en faisant confiance à son attention amoureuse
même lorsqu’elle ne sentait pas sa proximité.
En définitive,
c’est son amour pour Dieu et pour son prochain
qui l’a poussée à accepter les ténèbres
intérieures
comme un don.
Vivre dans les ténèbres
signifiait d’une part partager les souffrances du Christ
et d’autre part partager la pauvreté des pauvres.
Elle répétait souvent que :
la plus grande pauvreté
est de ne pas être aimé,voulu,
de ne recevoir aucune attention,
et c’était ce qu’elle vivait sur le plan spirituel.
Elle avait dit un jour
que :
la situation physique des pauvres
était l’image de son état intérieur.
Elle vivait la pauvreté matérielle
en solidarité avec les personnes pauvres matériellement
et elle vivait la pauvreté spirituelle, à travers
les ténèbres,
en solidarité avec tous ceux qui vivaient la pauvreté
spirituelle.
comme nous l’avons découvert au cours du procès
de béatification,
Elle a pu toucher cette
pauvreté intérieure très profonde
car elle en avait elle-même fait l’expérience.
C’est la dimension mystique de son service aux pauvres.
Sa façon de partager
la croix du Christ est un exemple pour nous tous.
Elle nous montre comment porter nos croix avec amour
et offrir nos souffrances pour le salut et la sanctification des
autres.
C’est pour cette raison que le thème choisi pour
la cérémonie de béatification est :
« Viens, sois ma lumière
».
La lumière que sa vie nous transmet n’est pas seulement
la lumière
de la charité envers les pauvres
mais aussi la lumière qui vient de la manière dont
elle a porté sa propre croix,
particulièrement ses souffrances intérieures.
Q : Selon vous,
quel est le message central de Mère Teresa pour le
monde ?
Pour les chrétiens ?
|
Père Kolodiejchuk
:
Mère Teresa rappelle au monde que « Dieu
est ».
Elle est un témoin d’une solide foi en Dieu et du
bonheur
et de l’accomplissement personnel
qui découlent d’une vie centrée sur Dieu.
Cette foi en Dieu était la base de son amour pour chaque
être humain,
qu’elle considérait comme « un frère,
une sœur ».
Elle insistait continuellement
sur la valeur de chaque vie humaine
dès le moment de sa conception jusqu’au moment de
sa mort naturelle,
et soulignait la dignité de toute personne humaine
en tant qu’enfant de Dieu créé pour quelque
chose de grand,
pour aimer et être aimé.
Mère Teresa rappelle
aux chrétiens
qu’ils ne peuvent porter du fruit,
aussi bien dans leur propre vie que dans le service aux autres,
que s’ils sont unis au Christ.
« La sainteté n’est
pas un luxe pour quelques uns mais un simple devoir pour vous
et moi »,
aimait répéter Mère Teresa.
C’est le message qu’elle nous laisse à tous.
Père Kolodiejchuk
******
L’Avent
au Vatican avec Mère Teresa : la nuit de l’esprit
derrière un sourire
CITE DU VATICAN,
Vendredi 12 Décembre 2003 (ZENIT.org) –
Mère Teresa a vécu douloureusement
et en même temps avec une certaine joie la "nuit de
l’esprit",
cachée derrière son sourire:
le P. Raniero Cantalamessa,
Capucin, prédicateur de la maison pontificale
a développé ce thème vendredi matin au Vatican,
en la chapelle "Redemptoris Mater",
lors de sa deuxième prédication de l’avent,
devant le pape et la curie romaine.
Le P. Cantalamessa a
en effet choisi comme thème de ses réflexions
pour l’Avent :
"la sainteté chrétienne à la
lumière de l’expérience de Mère Teresa".
"Jusqu’à sa mort,
faisait-il remarquer,
personne n’a su ce qui se passait en elle".
"Elle écrivait
:
‘Il y tant de contradictions
dans mon âme.
Une aspiration à Dieu profonde, si profonde qu’elle
fait mal.
Une souffrance continue et avec cela,
le sentiment de ne pas être voulue par Dieu,
d’être rejetée, vide,
sans foi, sans amour et sans zèle.
Le ciel ne signifie rien pour moi, il m’apparaît comme
un lieu vide".
C’est pour les
théologiens spirituels un "cas classique" de
la "nuit obscure de l’esprit",
observait le P. Cantalamessa.
Après les lumières
des débuts,
cette obscurité accompagnera Mère Teresa toute sa
vie,
à l’insu du monde :
ce fut la révélation du procès de béatification.
Or,
elle reconnaissait dans cette épreuve une grâce extraordinaire.
"J’ai commencé à
aimer mon obscurité,
écrivait-elle encore.
Parce que je crois que maintenant elle est comme une partie,
une toute petite partie,
de l’obscurité et de la souffrance
que Jésus a vécue sur la terre".
Ne voulant pas attirer
l’attention sur elle,
elle a toujours caché cela derrière un sourire,
soulignait le prédicateur.
"Elle sourit tout le temps,
disent de moi les sœurs aux gens,
écrivait-elle encore.
Ils pensent que mon cœur est habité par la foi, la
confiance, l’amour.
Si seulement ils savaient comment ma façon d’être
joyeuse
n’est qu’un manteau grâce auquel
je couvre mon vide et ma misère".
Le P. Cantalamessa mettait
en lumière cette "admirable sainteté moderne",
d’une "mystique qui a su unir une très haute
contemplation à une action très intense",
et c’est ce qui la rapproche
"d’un autre mystique de notre temps, le Padre Pio",
qui a vécu toute sa vie la même nuit obscure.
"Pour répandre la lumière, ces deux saints
ont dû passer leur vie dans le noir",
constatait le prédicateur.
Cette expérience,
observait le Capucin,
rapproche les mystiques, les saints les plus modernes,
des athées de bonne foi,
ceux qui se sentent rejetés par Dieu,
font l’expérience de l’angoisse existentielle,
et vivent à leur façon une nuit obscure de l’esprit".
Dans la nuit de l’esprit,
les mystiques aussi,
concluait le P. Cantalamessa,
sont des athées sans Dieu.
Et c’est pour cela qu’ils sont les évangélisateurs
idéaux du monde post-moderne,
où l’on vit comme si Dieu n’existait pas.
Nous apprenons d’eux comment nous comporter dans l’aridité.
Les sites internet à
visiter
Livres
à lire et méditer :
"J'ai soif" de Jacques Gauthier-éditions Paroles
et Silense
"Pensées spirituelles" De Mère Térésa
-éditions Mediaspaul
Mère Térésa-"il n'y a pas de plud grand
amour"-éditions JC Lattes
Vous pouvez aussi aller prier avec Mère Teresa sur le
"flash de formation spirituelle"
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