- Programme >>
- Réflexions >>
- Méditations >>
- 7 jours avec un saint
-- Thérèse >>
-- Soeur Faustine >>
-- Mère Térésa >>
- Réussir sa vie
-- Construire son bonheur >
-- Construire sa foi >>
-- Construire sur le roc >>
- Eucharistie >>
 

 

Découvrir l'Amour de Mère Térésa
pour Jésus caché dans les pauvres


Comme Mère Teresa a été béatifiée le dimanche 19 octobre,
par Jean Paul II,
nous vous proposons de la découvrir au fil des jours,
des évènements et des articles
qui vont paraître dans la presse.

C'est une démarche nouvelle et "prise sur le vif" qui nous permettra,
petit à petit,
de connaître la "personnalité spirituelle" de Mère Térésa et son secret intérieur.

Par honnéteté intellectuelle et pour votre information,
nous vous indiquerons l'origine de nos sources.

 

 

Qui était Mère Teresa ?


1° Quelques dates qui permettent de la situer dans le XX° siècle :

 

¤ En août 1910 : Naissance d'Agnès Gonxha Bajaxhiu à Skopje, future capitale de la Macédoine.

¤ En 1918, à huit ans,elle perd son père, Nicolas, citoyen albanais.

¤ En 1922, à 12 ans, elle ressent un premier appel à la vie consacrée;


¤ En 1928, à 18 ans, elle entre chez les Soeurs de ND de Lorette, d'inspiration ignacienne et fait son noviciat à Darjeeling, au pied de l'Himalaya;

¤ En mai 1931, à 21 ans, elle prononce ses voeux et prend le nom de Térèsa, à cause de Thérèse;

¤ En 1932, elle part en Bengali où elle sera institutrice, puis professeur et directrice d'une école de jeunes filles de bonne famille, pendant plusieurs annnées.

¤ En 1937, à 27 ans, elle prononce ses voeux définitifs dans sa communauté.

¤ Le 10 septembre 1946, elle a 36 ans, en partant à une retraite à Darjeeling, elle entend un appel à renoncer à tout pour suivre le Christ dans les plus pauvres;

¤ Le 16 août 1948, elle a 38 ans, avec l'accord de Pie XII, elle quitte sa congrégation se revêt d'un simple sari blanc, avec bordure bleue et une croix sur l'épaule; elle s'installe dans le coin d'un jardin d'une famille, au milieu d'un bidonville à Calcutta, avec 5 roupies.

¤ En octobre 1950, elle a 40 ans, Fondation officielle des Missionnaires de la Charité, avec les trois voeux de pauvreté, chasteté, obéissance et la consécration de sa vie au service des plus pauvres .

¤ en 1951, Elle a 41 ans et reçoit la nationalité indienne.

¤ en 1952, elle fonde le premier hospice et obtient un abri pour recevoir les mourants.

¤ en 1957, elle a 46 ans, elle reçoit ses 5 premiers lépreux et va construire "une cité de la paix" pour les lépreux.


¤ en 1963, Fondation des Frères Missionnaires de la Charité

¤ en 1979, Mère Teresa reçoit le Prix Nobel de la Paix;

¤ en 1984, Fondation des Pères Missionnaires de la Charité

¤ en 1986, visite de Jean Paul II en Inde et Fondation des Frères Laïcs de la Charité, qui restent dans le monde et font le voeu de servir les pauvres toute leur vie.

¤ en 1986, Fondation de la branche contemplative des Missionnaires de la Charité.

¤ en 1994, à la Conférence internationale sur la population au Caire, Mère Térésa prend vivement partie pour la protection des droits de l'enfant à naître.

¤ le 5 septembre 1997, à 87 ans, Mère Térésa meurt d'une crise cardiaque à Calcutta

Source : Famille chrétienne du 4 au 10 ocotobre 2003


 

Entretien avec le père Brian Kolodiejchuk

un des premiers membres de la branche masculine des Missionnaires de la Charité
et postulateur de la cause
de béatification de Mère Teresa.



1° PARTIE
le 13 octobre 2003




Q : Le 20 décembre dernier, le décret d’un miracle attribué à Mère Teresa était rendu public.
La béatification de Mère Teresa était donc annoncée cinq ans et trois mois après sa mort.

Comment expliquez-vous un délai aussi court ?

 

Père Kolodiejchuk :

La première raison de ce délai aussi court est certainement la grande réputation de sainteté
dont jouissait déjà Mère Teresa lorsqu’elle était en vie.

Beaucoup la considéraient comme une sainte
et la qualifiaient même de « sainte vivante ».

C’était l’opinion générale non seulement des fidèles catholiques
mais aussi de personnes d’autres religions et même de personnes agnostiques.

Les media internationaux avaient suivi sa vie et son œuvre avec beaucoup d’intérêt.
Beaucoup admiraient la charité et l’amour désintéressé
dont elle faisait preuve à l’égard des pauvres.

Elle était devenue un symbole d’amour et de compassion pour les plus pauvres parmi les pauvres.

Lors de sa mort,
le gouvernement indien lui a rendu hommage par des funérailles nationales,
auxquelles ont assisté de nombreux responsables mondiaux.
Beaucoup à travers le monde ont suivi les funérailles à la télévision.
Ceci a été un merveilleux hommage à Mère Teresa et à sa réputation de sainteté.

Mais ce sont surtout les gens simples,
les pauvres qui avaient fait l’expérience de son amour maternel, qui l’ont pleurée.
Ce sont eux qui témoignent le plus de sa sainteté.

En raison de cette réputation de sainteté solide et répandue,
la Congrégation pour les Causes des Saints a reçu,
peu de temps après sa mort,
une avalanche de demandes d’ouverture de son procès de béatification et de canonisation.

L’une des premières demandes – la principale – est arrivée en octobre 1997
lorsque l’archevêque de Calcutta,
Henry D’Souza a demandé à la Congrégation pour les Causes des Saints
une dispense de la norme prévoyant une période d’attente de cinq ans après la mort
avant que l’enquête diocésaine
sur la Vie,
les Vertus
et la Réputation de Sainteté puisse commencer.

Quatorze mois plus tard, le 12 décembre 1998,
la Congrégation accordait la dispense et l’enquête diocésaine pouvait commencer.

Après quelques étapes préliminaires, l’enquête diocésaine a commencé à Calcutta, le 26 juillet 1999.

La période de la collecte d’informations a ainsi commencé :
des entretiens avec des témoins oculaires
et la révision de documents et de matériel touchant à la vie et
à l’œuvre de Mère Teresa.
La session de clôture de l’enquête diocésaine a eu lieu le 15 août 2001.
Les Actes de l’Enquête Diocésaine représentent 80 volumes d’environ 450 pages chacun.
Ce matériel a été remis à la Congrégation pour les Causes des Saints, à Rome.

Même si une exemption a été faite pour la période d’attente,
aucune exemption n’a été accordée pour le procès formel lui-même
ou l’une ou l’autre des étapes du procès.

Une « Position sur les Vertus », ou « positio » a été préparée sous la direction du rapporteur,
Mgr José Luis Gutiérrez Gómez.

Ceci a bien sûr demandé beaucoup de travail et d’efforts.
Une étude sérieuse et détaillée de la vie et de l’œuvre de Mère Teresa a été réalisée.
Ce fut un travail beau et gratifiant car on a découvert beaucoup de choses.
En avril 2002 la « positio » fut terminée et remise à la Congrégation pour les Causes des Saints.

Ce travail a été rendu possible grâce au dévouement
de ceux qui travaillaient à la cause à Calcutta et à Rome,
et grâce à l’aide généreuse d’un grand nombre de personnes.

Mais la Providence de Dieu a été plus importante encore que tout le reste.
Nous avons reçu l’aide qu’il fallait au moment opportun et
je peux vraiment dire que la main de Dieu nous assistait et nous guidait sur le chemin.


Q : Totalement abandonnée à Dieu,
Mère Teresa a fait du service aux plus pauvres parmi les pauvres,
aux personnes abandonnées de tous,
aux malades et aux moribonds, sa vie.

Notre époque est caractérisée par une recherche de plaisir, de succès,
de sécurité et par l’égoïsme.

Pourquoi la future bienheureuse est-elle aussi admirée dans la société en général ?


Père Kolodiejchuk :

L’attrait de Mère Teresa est avant tout dans l’attrait de l’Evangile lui-même.

Ce qui était le plus visible et le plus attrayant chez Mère Teresa,
c’était le fait qu’elle vivait le message de l’Evangile de manière radicale.

Si elle a été si admirée et recherchée ce n’est pas tant à cause de son éloquence
– elle parlait de manière plutôt simple –
que parce qu’elle « mettait de l’amour dans ses actions »,
comme Jésus l’a enseigné.

Le message de l’Evangile avait pris racine en elle,
elle le comprenait et y croyait.
Elle l’avait laissé imprégner son être et ceci se reflétait dans sa manière de vivre.
Elle ne s’accordait pas de compromis et en cela,
sa détermination et son courage étaient admirables.
Même ceux qui la critiquaient étaient impressionnés par cela.

Sa vie et son œuvre donnaient de l’authenticité à ses paroles
et c’était ce que les gens cherchaient lorsqu’ils l’invitaient à prononcer des discours
ou lorsqu’ils choisissaient de lui décerner des prix ou des honneurs.
Même dans une société aussi sécularisée,
vivre l’Evangile de manière radical est encore attrayant.

L’un des aspects particulièrement importants de cet attrait
était le service de Mère Teresa aux plus nécessiteux.

Sa compassion,
son attention,
son service efficace aux plus nécessiteux –
le dernier et le plus petit, la personne rejetée et mal-aimée –
étaient l’expression d’un amour total,
un amour d’abnégation,
en réponse à l’appel spécial qu’elle avait reçu en 1946
à désaltérer la soif d’amour et d’âmes, de Jésus.

A une époque où le rejet de la vie est si commun
et où les gens sont abandonnés à cause de l’indifférence,
Mère Teresa est apparue comme un messager
auprès de chaque personne qu’elle rencontrait :

« Dieu t’aime et te veut, il te désire ardemment, il a soif de toi ».

Elle a vécu ce message en embrassant les plus pauvres,
les plus abandonnés, les moins aimés,
ceux que personne d’autre ne voulait et
pour lesquels personne d’autre n’avait le temps.

Avec elle, chaque personne se sentait spécialement aimée.

Le fait que Mère Teresa ait fait naître cette admiration montre que
les gens sont encore à la recherche de spirituel.

Même sans le savoir, les gens ont soif de Dieu.

Comme le dit le Saint Père dans sa Lettre Apostolique « Novo Millennio Ineunte » :

« La sainteté (…), message éloquent qui n’a pas besoin de paroles,
elle représente d’une manière vivante, le visage du Christ ».


Au fond, c’est la sainteté de Mère Teresa qui a attiré les gens à elle,
et c’était Son visage qu’ils admiraient en elle.

lundi 13 octobre 2003



2° PARTIE
le 17 octobre



Q : Pour confirmer la nouvelle de la béatification de Mère Teresa,
,
Sœur Nirmala, la supérieure générale des Missionnaires de la Charité,
et vous-même, reconnaissez dans un rapport que :

« son témoignage et son message sont profondément appréciés
par toutes les religions,
ceci étant le signe que Dieu aime encore le monde aujourd’hui ».

Dans quelle mesure la personne de Mère Teresa contribue-t-elle
à l’unité et au dialogue interreligieux ?

 

Père Kolodiejchuk
:

Mère Teresa était au service de tous,
quelles que soient leur caste, leur croyance, leur race ou leur nationalité.
De cette manière elle rendait témoignage à la vérité qu’elle proclamait elle-même :

« Toute personne est enfant de Dieu, fait pour aimer et être aimé ».

Elle insistait sur le fait que nous sommes tous enfants du même
« Père aimant »
et espérait que tous parviendraient un jour à reconnaître cette vérité.

Il est en même temps important de souligner
que Mère Teresa avait beaucoup de respect pour toutes les religions et
avait de nombreux amis appartenant à d’autres religions.

Mais elle n’a jamais fait de compromis avec sa propre foi.
Son authenticité et sa transparence à cet égard étaient très appréciés.
Si elle respectait la religion des autres,
cela impliquait que les autres aussi respecteraient la sienne, et effectivement,
les gens respectaient ses convictions religieuses.

Elle allait partout en tant que « missionnaire »,
en tant que religieuse catholique,
en tant que messager de l’Evangile et elle était acceptée et respectée en tant que tel.

Sa présence était une proclamation de sa foi et un témoignage du vrai visage de l’Eglise,
une amie du plus petit et du dernier,
comme l’était son Maître et Seigneur.

Depuis sa mort,
des gens de toutes les croyances viennent prier sur sa tombe,
attirés par sa vie et son message.

En Inde également, des gens de différentes origines religieuses se rassemblent
pour honorer sa vie et son œuvre.
Mère Teresa continue d’être un facteur d’unité.


Q : Lorsqu’elle a embrassé la vie religieuse,
Agnes Gonxha Bojaxhiu, future fondatrice des Missionnaires de la Charité,
a choisi un nom,
en se plaçant sous la protection de sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions.

Qu’est-ce que Mère Teresa a laissé en héritage aux missionnaires du 21e siècle ?

 

 

Père Kolodiejchuk :

Même si Mère Teresa a vécu ce que l’on appelle traditionnellement une vie religieuse « active »,
c’est la prière qui avait la première place dans sa vocation.

La relation de Mère Teresa avec Dieu était à la base de toute son activité
et ceci faisait d’elle une vraie contemplative.

Son exemple nous rappelle une fois encore que toute activité missionnaire
doit commencer et finir dans la prière.

La prière et le sacrifice étaient ses premiers instruments missionnaires,
comme ils l’étaient pour sa patronne, sainte Thérèse de Lisieux.

On est toujours tenté de réduire la mission à un service social.
Mais pour Mère Teresa,

un missionnaire doit être « un porteur de l’amour de Dieu ».

Ce mandat était le seul but de toute son activité apostolique.

Elle s’efforçait de révéler l’amour de Dieu dans les situations concrètes de la vie quotidienne.
Nourrir les affamés,
revêtir les personnes nues,
s’occuper des malades,
ou entreprendre tout autre apostolat,
c’était sa manière de canaliser l’amour de Dieu vers la personne.

Mère Teresa cherchait la face du Christ dans la prière et l’apostolat
et elle est ainsi devenue une vraie contemplative au cœur du monde.
Elle partait de la prière,
spécialement de l’Eucharistie pour aller vers les pauvres et des pauvres elle revenait à la prière.

« Je ne suis pas appelée au succès mais à la fidélité » répétait-elle souvent.

C’était sa manière d’affirmer que la fidélité à la mission
qui lui avait été confiée passait avant les résultats
ou la popularité dont elle jouissait.

Sa mission auprès des pauvres n’était pas une question de prestige
mais de service.

Il s’agissait pour elle de prendre la dernière place parmi ses frères et sœurs.
Elle était consumée par un désir :
celui de transmettre l’amour de Dieu aux pauvres et aux nécessiteux.

Pour conclure,
je dirais qu’il faut toujours garder à l’esprit
l’origine surnaturelle et le but de toute mission,
même lorsque l’on réalise une activité temporelle.

En cela Mère Teresa reste un exemple.
Tout ce qu’elle a fait,
elle l’a fait pour communiquer l’amour de Dieu aux personnes qu’elle servait.

Pour cela il faut que la prière ait la première place dans la vie missionnaire.
En définitive,
seule la sainteté de vie ne peut donner complètement le message de l’amour de Dieu.



Q : Le rôle de Mère Teresa en tant que fondatrice
s’étend aux frères et sœurs actifs et contemplatifs, aux prêtres et aux laïcs consacrés.

Elle a également encouragé des collaborateurs à participer
au service des plus pauvres parmi les pauvres.

Ne courait-elle pas le risque de réduire le travail des Missionnaires de la Charité
à un simple service social,
même s’il donnait de très bons résultats ?



Père Kolodiejchuk :

Mère Teresa disait souvent que nous n’étions pas des assistants sociaux
même si nous faisions du travail social ;
et elle ajoutait :

« Nous le faisons pour quelqu’un ».


Ce qu’elle voulait dire, c’est qu’en définitive,
c’est à Jésus que son humble service était adressé.

A la base de cette déclaration se trouvait ce qu’elle appelait :

« l’Evangile sur cinq doigts »,
car elle comptait sur ses doigts les paroles de Matthieu 25,40 « you did it to me »
(C’est à moi que vous l’avez fait).

Quel que soit le service qu’elle était en train d’accomplir,
elle gardait cette vérité dans son cœur :

C’est avec Jésus qu’elle se trouvait lorsqu’elle était en prière,
c’est Jésus qu’elle touchait à travers les pauvres,
c’est Jésus qu’elle rencontrait dans chaque personne avec laquelle elle entrait en contact.

Encore une fois,
elle était vraiment devenue

une « contemplative au cœur du monde »,

qui perçoit, reconnaît, sert Dieu en présence de chaque personne rencontrée
et dans chaque événement.

Mère Teresa ne s’est jamais perdue dans les résultats,
même s’ils étaient considérables.
Ce qui importait pour elle c’était la personne devant elle,
au moment présent,
la personne qui avait besoin de son amour et de son attention – maintenant.

Elle était profondément convaincue
que tout ce qu’elle parvenait à accomplir était « l’œuvre de Dieu »
et que Dieu utilisait sa « petitesse pour montrer Sa grandeur ».

Et quand elle parlait de résultats,
c’était seulement pour mettre en évidence les merveilles que « Dieu fait ».

Elle a réussi à donner une dimension contemplative à son travail et
c’est cela qui a permis que ce travail ne soit pas un simple service social, aussi louable soit il.

Q : Certains critiquent le fait que Mère Teresa se soit occupée
des personnes marginalisées,
mais sans viser à travers son œuvre à changer les structures sociales.

Comment expliquez-vous cette attitude de Mère Teresa ?

 

Père Kolodiejchuk :

Toute la vie de Mère Teresa visait à répondre à l’appel de Dieu qu’elle avait reçu en 1946.

A partir du 10 septembre 1946
elle a eu des rencontres mystiques avec le Christ
qui ont abouti à la fondation des Missionnaires de la Charité.
Ces fortes expériences étaient la véritable raison et la motivation du service aux pauvres.
Elle en était très consciente.

Sa première préoccupation était donc de suivre l’appel qu’elle avait reçu du Christ,
qui n’incluait pas un appel à changer les structures sociales.

Sa mission était de transmettre l’amour de Dieu aux plus pauvres
parmi les pauvres à travers son humble service.

Elle était appelée à entrer dans le monde de la pauvreté
et à apporter la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu aux pauvres,
non pas à résoudre les problèmes politiques, économiques et sociaux, du monde.

Elle était parfaitement consciente de cela
et n’aurait fait de compromis avec ce principe pour aucune raison au monde.

Une fois elle a dit :

« Si j’entre dans les affaires politiques, je n’aurai pas le temps d’aimer »,

et cela aurait sûrement été vrai dans son cas.

La raison pour laquelle Mère Teresa ne s’est pas engagée directement
dans un travail de changement social,
était donc qu’elle suivait sa propre vocation.

Elle avait une mission à remplir auprès d’un groupe de personnes particulier,
et elle était engagée dans un domaine particulier de service aux pauvres.

Elle savait qu’elle ne pouvait pas tout faire
mais s’efforçait de faire de son mieux là où elle était appelée.
Elle disait souvent :

« Tu ne peux pas faire ce que je peux faire,
je ne peux pas faire ce que tu peux faire,
mais ensemble nous pouvons faire ‘quelque chose de beau pour Dieu’ ».

Pendant que d’autres travaillent de façon légitime à changer les structures sociales,
elle mettait toute son attention à offrir une aide efficace et immédiate aux plus pauvres parmi les pauvres,
à ceux qui étaient le plus dans le besoin.

Il est nécessaire d’offrir aux gens une canne pour pêcher
mais quelqu’un doit se préoccuper de leur donner un poisson
pour qu’ils aient la force de tenir la canne.

3° PARTIE
le 20 octobre 2003

Q :Les Missionnaires de la Charité sont supposés
prier environ quatre heures chaque jour;

Comment Mère Teresa a-t-elle réussi à concilier
la vie contemplative et la vie de service ?

Père Kolodiejchuk :

Mère Teresa a réussi à concilier la contemplation et le service
en gardant continuellement à l’esprit le but et
la raison ultime de l’existence de sa congrégation.

En 1947 elle l’avait déjà clairement défini :

« Le but des Missionnaires de la Charité
est d’assouvir la soif infinie d’amour et d’âmes de Jésus sur la croix
en travaillant au salut et à la sanctification des plus pauvres parmi les pauvres ».

Assouvir la soif d’amour et d’âmes de Jésus était la raison ultime de tout ce qu’elle faisait.

Cet objectif n’a jamais quitté son cœur et son esprit.
Toutes ces énergies allaient dans ce sens.
La soif de Jésus imprégnait tous les aspects de sa vie,
dans la prière comme dans le service.

C’était le charisme qu’elle avait reçu, et tout tournait naturellement autour de ce charisme.

Pour concilier la prière et l’action, la vie des Missionnaires de la Charité prévoit
environ quatre heures de prière par jour.
Mère Teresa est restée exceptionnellement fidèle à ses temps de prière.
Elle commençait sa journée par la prière, la méditation et la messe,
qu’elle considérait comme les moments les plus importants de sa journée.

Après avoir reçu Jésus dans l’Eucharistie
elle allait Le servir dans les plus pauvres parmi les pauvres.
La prière était le moment où elle était unie à Jésus,
où elle l’écoutait,
où elle s’abandonnait à lui,
où elle cherchait Sa volonté dans tout ce qu’elle faisait.

Le deuxième moment le plus important de sa journée était une heure d’adoration eucharistique.
Elle ne manquait ce rendez-vous que pour des raisons extrêmement graves.
Cela supposait parfois un effort extraordinaire.
Elle passait du temps en prière même après un voyage long et fatigant ou lorsqu’elle était malade.

Mère Teresa accordait une grande importance à la prière du chapelet.
Marie était sa compagne inséparable,
celle qui l’aidait à vivre en présence de Dieu et à vivre les mystères du Christ.

Elle priait le chapelet dans la chapelle,
dans la rue,
dans le bus ou dans l’avion.
C’était pour elle un moyen essentiel pour méditer les mystères
de la vie de Jésus et Marie
et pour prier continuellement.
On la voyait souvent tenir son chapelet dans la main.
Elle voulait ainsi rappeler la présence de la Vierge et le lien étroit qui existait entre elle et la Mère de Dieu.


Q : Mère Teresa était une mystique.

Pensez-vous qu’elle soit, de ce fait, un modèle ?

 

Père Kolodiejchuk :

Oui, absolument.
Même si son expérience mystique des ténèbres n’est pas de la même nature
que notre expérience des ténèbres
qui est souvent due à un manque de ferveur ou de vertu, à la médiocrité ou l’égoïsme,
elle nous montre tout de même comment vivre notre propre expérience de ténèbres.

Elle l’a accepté dans un abandon total à la volonté de Dieu
et en faisant confiance à son attention amoureuse
même lorsqu’elle ne sentait pas sa proximité.
En définitive,
c’est son amour pour Dieu et pour son prochain
qui l’a poussée à accepter les ténèbres intérieures
comme un don.

Vivre dans les ténèbres
signifiait d’une part partager les souffrances du Christ
et d’autre part partager la pauvreté des pauvres.

Elle répétait souvent que :

la plus grande pauvreté est de ne pas être aimé,voulu,
de ne recevoir aucune attention,
et c’était ce qu’elle vivait sur le plan spirituel.

Elle avait dit un jour que :

la situation physique des pauvres était l’image de son état intérieur.

Elle vivait la pauvreté matérielle
en solidarité avec les personnes pauvres matériellement

et elle vivait la pauvreté spirituelle, à travers les ténèbres,
en solidarité avec tous ceux qui vivaient la pauvreté spirituelle.

comme nous l’avons découvert au cours du procès de béatification,

Elle a pu toucher cette pauvreté intérieure très profonde
car elle en avait elle-même fait l’expérience.
C’est la dimension mystique de son service aux pauvres.

Sa façon de partager la croix du Christ est un exemple pour nous tous.
Elle nous montre comment porter nos croix avec amour
et offrir nos souffrances pour le salut et la sanctification des autres.

C’est pour cette raison que le thème choisi pour la cérémonie de béatification est :

« Viens, sois ma lumière ».

La lumière que sa vie nous transmet n’est pas seulement la lumière
de la charité envers les pauvres
mais aussi la lumière qui vient de la manière dont elle a porté sa propre croix,
particulièrement ses souffrances intérieures.


Q : Selon vous,
quel est le message central de Mère Teresa pour le monde ?
Pour les chrétiens ?

 

Père Kolodiejchuk :

Mère Teresa rappelle au monde que « Dieu est ».

Elle est un témoin d’une solide foi en Dieu et du bonheur
et de l’accomplissement personnel
qui découlent d’une vie centrée sur Dieu.

Cette foi en Dieu était la base de son amour pour chaque être humain,
qu’elle considérait comme « un frère, une sœur ».

Elle insistait continuellement sur la valeur de chaque vie humaine
dès le moment de sa conception jusqu’au moment de sa mort naturelle,
et soulignait la dignité de toute personne humaine
en tant qu’enfant de Dieu créé pour quelque chose de grand,
pour aimer et être aimé.

Mère Teresa rappelle aux chrétiens
qu’ils ne peuvent porter du fruit,
aussi bien dans leur propre vie que dans le service aux autres,
que s’ils sont unis au Christ.

« La sainteté n’est pas un luxe pour quelques uns mais un simple devoir pour vous et moi »,

aimait répéter Mère Teresa.

C’est le message qu’elle nous laisse à tous.

Père Kolodiejchuk

 

******

L’Avent au Vatican avec Mère Teresa : la nuit de l’esprit derrière un sourire


CITE DU VATICAN, Vendredi 12 Décembre 2003 (ZENIT.org) –


Mère Teresa a vécu douloureusement
et en même temps avec une certaine joie la "nuit de l’esprit",
cachée derrière son sourire:

le P. Raniero Cantalamessa,
Capucin, prédicateur de la maison pontificale
a développé ce thème vendredi matin au Vatican,
en la chapelle "Redemptoris Mater",
lors de sa deuxième prédication de l’avent,
devant le pape et la curie romaine.

Le P. Cantalamessa a en effet choisi comme thème de ses réflexions
pour l’Avent :

"la sainteté chrétienne à la lumière de l’expérience de Mère Teresa".


"Jusqu’à sa mort,
faisait-il remarquer,
personne n’a su ce qui se passait en elle".

"Elle écrivait :

‘Il y tant de contradictions dans mon âme.
Une aspiration à Dieu profonde, si profonde qu’elle fait mal.
Une souffrance continue et avec cela,
le sentiment de ne pas être voulue par Dieu,
d’être rejetée, vide,
sans foi, sans amour et sans zèle.
Le ciel ne signifie rien pour moi, il m’apparaît comme un lieu vide".

C’est pour les théologiens spirituels un "cas classique" de la "nuit obscure de l’esprit",
observait le P. Cantalamessa.

Après les lumières des débuts,
cette obscurité accompagnera Mère Teresa toute sa vie,
à l’insu du monde :

ce fut la révélation du procès de béatification.
Or,
elle reconnaissait dans cette épreuve une grâce extraordinaire.

"J’ai commencé à aimer mon obscurité,
écrivait-elle encore.
Parce que je crois que maintenant elle est comme une partie,
une toute petite partie,
de l’obscurité et de la souffrance
que Jésus a vécue sur la terre".

Ne voulant pas attirer l’attention sur elle,
elle a toujours caché cela derrière un sourire,
soulignait le prédicateur.

"Elle sourit tout le temps,
disent de moi les sœurs aux gens,
écrivait-elle encore.
Ils pensent que mon cœur est habité par la foi, la confiance, l’amour.
Si seulement ils savaient comment ma façon d’être joyeuse
n’est qu’un manteau grâce auquel
je couvre mon vide et ma misère".

Le P. Cantalamessa mettait en lumière cette "admirable sainteté moderne",
d’une "mystique qui a su unir une très haute contemplation à une action très intense",

et c’est ce qui la rapproche
"d’un autre mystique de notre temps, le Padre Pio",
qui a vécu toute sa vie la même nuit obscure.

"Pour répandre la lumière, ces deux saints ont dû passer leur vie dans le noir",

constatait le prédicateur.

Cette expérience, observait le Capucin,
rapproche les mystiques, les saints les plus modernes,
des athées de bonne foi,
ceux qui se sentent rejetés par Dieu,
font l’expérience de l’angoisse existentielle,
et vivent à leur façon une nuit obscure de l’esprit".

Dans la nuit de l’esprit,
les mystiques aussi,
concluait le P. Cantalamessa,
sont des athées sans Dieu.

Et c’est pour cela qu’ils sont les évangélisateurs idéaux du monde post-moderne,
où l’on vit comme si Dieu n’existait pas.
Nous apprenons d’eux comment nous comporter dans l’aridité.

Les sites internet à visiter

http://www.motherteresacause.info/indexfra.htm

Livres à lire et méditer :

"J'ai soif" de Jacques Gauthier-éditions Paroles et Silense
"Pensées spirituelles" De Mère Térésa -éditions Mediaspaul
Mère Térésa-"il n'y a pas de plud grand amour"-éditions JC Lattes

Vous pouvez aussi aller prier avec Mère Teresa sur le "flash de formation spirituelle"