| Quand
Thérèse Martin, carmélite à Lisieux,
est morte,
le 30 septembre 1897,
il n'y avait 30 personnes
à suivre son corbillard vers le cimetière;
et une religieuse du
Carmel se demandait bien
ce qu'on pourrait raconter
sur cette jeune sœur de 24 ans, gentille et effacée
Et pourtant,
28 ans après sa mort, •
Elle a été béatifiée, en 1923 •
Elle a été canonisée en 1925 •
Elle a été proclamée patronne des missions
en 1927 :
Et docteur de l'Eglise en 1997
un ouragan de gloire ! •
Pie XI a dit d'elle
:
C'est la plus grande sainte des " temps modernes "
et elle est restée
9 ans derrière les grilles du Carmel !
Nous voulons ce soir
partager avec vous pour mieux connaître et aimer Thérèse
et pour découvrir
son secret
à l’aide
de 3 points :
1°
Qui était Thérèse de Lisieux, Carmélite.
quels ont été les « axes directeurs »
de sa vie ?
2 ° Qui était Thérèse Martin, enfant
et adolescente ?
3° Comment
Thérèse a vécu « les axes directeurs
» de sa vie au Carmel ?
1° Qui
était Thérèse de Lisieux,Carmélite
? quels ont été les axes directeurs de sa vie
En septembre 1896, 1
an avant sa mort,
sœur Marie du Sacré Cœur, sa marraine, une de
ses sœurs de sang
demande à Thérèse de lui donner
un souvenir écrit de la retraite qu’elle vient de
faire ;
Et Thérèse
lui ouvre son cœur et son âme, dans une longue lettre,
avec simplicité et profondeur : Voilà quelques extraits
:
« Ne croyez
pas que je nage dans les consolations…
A l'oraison mes désirs me faisant souffrir un véritable
martyre :
Être ton épouse,
, être carmélite, être par mon union avec toi,
Jésus, la mère des âmes,
cela devrait me suffire…
il n’en est pas ainsi…
je sens en moi d’autres vocations ;
je me sens la vocation de GUERRIER, de PRETRE, D’APÔTRE,
de DOCTEUR, de MATRYR ;
je sens le besoin, le désir d’accomplir pour toi
Jésus,
toutes les œuvres les plus héroïques...
Je sens en mon âme le courage d’un Croisé,
d’un Zouave Pontifical,
je voudrais mourir sur un champ de bataille pour la défense
de l’Eglise...
Le Martyre, voilà le rêve de ma jeunesse…
voudrais être flagellée et crucifiée...
mourir dépouillée …être plongée
dans l'huile bouillante,
je voudrais subir tous les supplices infligés aux martyrs...
Je voudrais parcourir la terre, prêcher ton nom, annoncer
l’évangile dans les 5 parties du monde ;
Je voudrais être missionnaire.
C’est
fabuleux !!! mais, après cette envolée spirituelle,
Thérèse atterrit :
« Jésus!
à toutes mes folies que vas-tu répondre?..
Y a-t-il une âme plus petite, plus impuissante que la mienne!...
Cependant à cause même de ma faiblesse, tu t'es plu,
Seigneur,
à combler mes désirs d’enfant,
et tu veux aujourd'hui, combler d'autres désirs plus grands
que l'univers... »
Nous voyons déjà là, 2 axes profonds de la
spiritualité de Thérèse :
1°
le désir et l’appel fort à aimer et
annoncer Jésus
2° la conscience de sa pauvreté totale.
|
Marie de SC est triste à la lecture de cette lettre ;
comme elle n’a pas les désirs de Thérèse,
elle pense qu ‘elle aime moins Jésus ;
alors Thérèse
lui écrit de nouveau :
« mes
désirs de martyre ne sont rien…
tous ces désirs sont une consolation que Jésus accordent
parfois
aux âmes faibles comme moi.
Ah, je sens bien
que ce n’est pas du tout cela qui plait au Bon Dieu dans
mon âme ;
ce qui lui plait
:
>>>>c’est
de me voir aimer ma petitesse et ma pauvreté,
>>>> c’est l’espérance aveugle
que j’ai en sa miséricorde….
Voilà mon
seul trésor, chère marraine,
pourquoi ce trésor ne serait-il pas le votre ? »
sa pensée se
précise :
il y a maintenant 3 points, dans un ordre nouveau
1° Aimer de sa pauvreté totale.
2° L’espérance aveugle dans l’amour
et la miséricorde de Jésus pour elle
3°
le désir et l’appel fort à aimer et
annoncer Jésus
|
voilà
qui était Thérèse de Lisieux, carmélite
2°
Qui était Thérèse Martin, enfant et adolescente
?
>> Elle a mené une vie courte et
dense : 1873-1897 : 24 ans :
jusqu’à 15 ans dans le monde ; ensuite 9 ans au carmel.
>>
issue d’un famille profondément chrétienne,
>> à 4ans et demi elle perd sa mère,
puis ses deux sœurs rentrent au carmel,
d’où de profondes blessures affectives ;
>>
elle est mal dans sa peau jusqu’au soir de Noël 1886,
elle a 13 ans et demi,
où elle reçoit la grâce de sa complète
conversion
« J'étais vraiment insupportable par ma trop grande
sensibilité ;
ainsi, s'il m'arrivait de faire involontairement une à
une personne que j'aimais,
au lieu de prendre le dessus et de ne pas pleurer,
je pleurais comme une Madeleine…. et je pleurais d'avoir
pleuré..
En
cette nuit jésus me rendit forte et courageuse,
Il me revêtit de ses armes et depuis cette nuit ,
je ne fus vaincue en aucun combat,
mais au contraire je marchai de victoires en victoires et commençai
pour ainsi dire,
«une course de géant !...»
Il fit de moi un pêcheur d'âmes,
je sentis un grand désir de travailler à la conversion
des pécheurs,
désir que je n'avais pas senti aussi vivement...
Je sentis en un mot la charité entrer dans mon cœur,
le besoin de m'oublier pour faire plaisir et depuis lors je fus
heureuse !...
>> Quelques temps après, en regardant
une photographie de du Christ en Croix,
Thérèse est frappée par le sang qui tombe
d'une des ses mains ;
elle éprouve une grande peine en pensant que ce sang tombait
à terre
sans que personne ne le recueille,
et elle résolus de se tenir en esprit au pied de [la] Croix
pour le recevoir…
>>" Le
cri de Jésus sur la Croix retentissait aussi continuellement
dans mon cœur :
«J'ai soif!»
Ces paroles allumaient en moi une ardeur inconnue et très
vive...
Je voulais donner à boire à mon Bien-Aimé
et
je me sentais moi-même dévorée de la soif
des âmes...
Ce n'était pas encore les âmes de prêtres qui
m'attiraient,
mais celles des grands pécheurs,
je brûlais du désir de les arracher aux flammes éternelles..."
>> Puis, c’est la conversion de Pranzini
, un assassin condamné à mort pour crimes ;
Thérèse veut le sauver, prie pour lui, fait dire
une messe à son intention ,
et demande un signe au Seigneur attestant la conversion de son
« pécheur »
Pranzini est exécuté.
Thérèse, en cachette de son père, lit dans
la Croix le récit de l’exécution de Pranzini
et raconte :
Pranzini ne s'était
pas confessé, il était monté sur l'échafaud
et
s'apprêtait à présenter la tête,
quand tout à coup, saisi d'une inspiration subite, il se
retourne,
saisit un Crucifix que lui présentait le prêtre et
baise par trois fois ses plaies sacrées !...
Thérèse s’écria :
" J'avais
obtenu «le signe demandé » ;
Ah ! depuis cette grâce unique,
mon désir de sauver les âmes grandit chaque jour,
il me semblait entendre Jésus me dire comme à la
samaritaine : « Donne-moi à boire ».
>> Le désir de Thérèse
de rentrer au Carmel se creuse et s’affirme ; elle a 15
ans ;
les obstacles se dressent devant elle…
Lors d’un pèlerinage en Italie ,
elle demande même un dérogation en se jetant aux
genoux du pape Léon XIII lors d’une audience ;
>> Puis lors de ce voyage, elle découvre
sa vocation : prier pour les prêtres ;
>>
Et enfin, le 9 avril 1888,
elle entre au Carmel ;
c’est une jeune fille décidée et volontaire,
qui a souffert,
et a vécu la guérison intérieure et la conversion
;
Elle devient sœur Thérèse de l'enfant Jésus
et de la sainte Face.
3°
Comment Thérèse a vécu les « 3 axes
directeurs » de sa vie ?:
1° Aimer de sa pauvreté totale.
2° L’espérance aveugle dans l’amour
et la miséricorde de Jésus pour elle
3°
le désir et l’appel fort à aimer et
annoncer Jésus
|
1° Aimer de sa pauvreté totale
Thérèse
a toujours devenir une sainte;
mais, elle a conscience de sa faiblesse
"
Alors, me grandir, c'est impossible;
en effet, pendant 10 ans, elle a expérimenté son
impuissance :
Thérèse a cherché et nous fait part de ses
réflexions
Je veux chercher le moyen d'aller au Ciel par une voie
bien droite, bien courte, une voie nouvelle.
je voudrais trouver
un ascenseur pour m'élever jusqu'à Jésus,
car je suis trop petite pour monter l'escalier de la perfection.
Alors, j'ai cherché dans les livres saints et j'ai lu ces
mots :
Si quelqu'un est tout petit, qu'il vienne à moi ......
l'ascenseur qui doit m'élever jusqu'au ciel, ceux sont
vos bras, Jésus !
Pour
cela je n'ai pas besoin de grandir, au contraire, il faut que
je reste petite,
que je le devienne de plus en plus."
C’est l’enfance spirituelle, ou voie d'enfance.
Qu'est-ce que c'est ?
x C'est l'esprit de l'Evangile
x C'est l'attitude des petits enfants
. ils se savent radicalement
dépendants de leurs parents et ils trouvent cela normal
. Quand un enfant a des difficultés, il appelle
. il ne s'étonne pas de tomber et se relève aussitôt.
x Une soeur demandait
à Thérèse : Qu"entendez-vous par rester
petit ?
Elle répondait :
. C'est reconnaître
notre néant, notre pauvreté, notre faiblesse, notre
péché.
. C'est tout attendre du Bon Dieu comme un enfant attend tout
de son Père
. C'est ne s'inquiéter de rien;
mais s'abandonner dans la confiance à l'amour de Jésus.
2° L’espérance
aveugle dans l’amour et la miséricorde de Jésus
pour elle
>>
Thérèse sait qu'elle est aimée de Dieu, de
Jésus.
Elle l'a expérimenté et elle a reçu des grâces
;
Elle le dit elle-même :
" En cette
nuit de Noël 1886, …je sentis la charité entrer
dans mon cœur "
C'est le fondement de
l'enseignement de Thérèse à ses novices et
aujourd'hui,
ses novices, c'est nous ;
Thérèse nous invite à connaître l'Amour
de Jésus
tel qu'il est et à y répondre par un acte de foi.
Thérèse sait très bien que cet Amour,
si nous l'avons éprouvé, nous ne le sentirons pas
toujours -
Thérèse ne l'a pas toujours éprouvé,
elle a eu des doutes et elle traversé la nuit-.
Thérèse
nous propose aussi de faire :
Un acte de foi dans l'amour de Dieu
>>>>>> à nous appuyer sur les grâces
passées, sur ce que nous avons reçu de Dieu,
même si c'est dans notre enfance.
>>>>>>à
river notre regard sur Jésus :
Seigneur Jésus, je crois que tu m'aimes
>>>>> à nous établir dans la certitude
d'être aimé d'un Amour unique et absolu
qui que nous soyons et quoique nous ayons vécu.
>> Thérèse croit à
la miséricorde de dieu
Je vais vous raconter
l'histoire du lapin blanc,
Un roi, qui était
parti à la chasse, poursuivait un lapin blanc,
que ses chiens allaient bientôt attraper;
Soudain, le lapin se sentant perdu,
rebroussa chemin rapidement,
et sauta dans les bras du chasseur;
Celui-ci touché
par tant de confiance,
ne voulut plus se séparer du lapin, se réservant
le soin de le nourrir.
Et, Thérèse
ajoute :
"Ainsi,
le Bon Dieu fera-t-il avec nous,
si poursuivis par la Justice,figurée par les chiens,
nous cherchons refuge dans les bras de notre Juge"
Elle est toute simple cette histoire !
c'est une vraie parabole;
Thérèse aimait beaucoup les comparaisons pour former
les novices;
Le 11 juillet 1897, quelques mois avant sa mort,
elle insiste auprès de Mère Agnès :
"On pourrait
croire que c'est parce que je n'ai jamais péché
que j'ai eu une si grande confiance dans le Bon Dieu;
Dites bien ma Mère :
Si
j'avais commis tous les crimes possibles,
je garderai toujours la même confiance,
Car je sais bien que cette multitude d'offenses
n'est qu'un goutte d'eau,
dans un brasier ardent "
3° le désir et l’appel fort d’à
aimer de charité et d’ annoncer Jésus
Thérèse
s’interroge :
" Comment
une âme aussi imparfaite que la mienne peut-elle aspirer
à posséder la plénitude de l’amour
?
Comment faire pour te prouver mon amour ?"
Thérèse
va rendre amour pour amour, en pratiquant le charité
et
en annonçant Jésus par tous les moyens à
sa disposition :
Laissons parler Thérèse
>>"
Oui,
je le sens lorsque je suis charitable,
c'est Jésus seul qui agit en moi.
Plus je suis unie à Lui, plus j'aime mes sœurs "
>> "Oui mon Bien-Aimé,
voilà comment se consumera ma vie...
Je n'ai d'autre moyen de te prouver mon amour,
que de ne laisser échapper aucun sacrifice,
aucun regard, aucune parole,
de profiter de toutes les plus petites choses et de les faire
par amour"
>>
Au carmel, Thérèse mettait des médailles
de la sainte Vierge dans les vêtements des ouvriers,
les cachant soigneusement dans la doublure.
>>
Un jour, je la voyais très fatiguée de promener
dans le jardin par obéissance ;
elle me rappela sa doctrine sur les actes les plus simples ;
« je marche
me dit elle, pour un missionnaire.
Je pense que là-bas, bien loin, l’un d’eux
est épuisé par ses courses apostoliques
et pour diminuer ses fatigues j’offre les miennes au bon
Dieu »
>>
" Quel
mystère,
par notre charité pratiquée dans l'ombre et par
nos petits actes,
nous convertissions au loin des âmes
et nous aidons les missionnaires."
>> Thérèse avec l’accord
de ses supérieures a établi une correspondance avec
2 missionnaires :
l’abbé Bellière et le Père Roullaud,
en chine
>>
elle aurait aimer partir pour la création du Carmel de
Saïgon
>>
Marie du Sacré-Cœur raconte :
Thérèse fit une neuvaine à saint François
Xavier :
« J’ai
demandé la grâce de faire du bien après ma
mort et
je suis sure d’être exaucée » et aussi
« Après ma mort, je ferai tomber une pluie de roses
»
ces promesses ont été réalisées :
Elle est devenue patronne des Missions :
en voici le récit :
Dans le grand Nord canadien,
en 1916,
dans le courrier qui n’arrive qu’une fois l’an,
une inconnue envoie au Père Turquetil, de France, une brochure
intitulée :
"Vie abrégée de sœur Thérèse
de l’Enfant-Jésus. Je passerai mon Ciel à
faire du bien sur la terre."
« Connais pas », dit le Père...
On y a joint un papier plié en quatre, contenant un peu
de terre prélevée sur la tombe de la jeune religieuse.
Dans la tête du P. Turquetil jaillit une idée :
il prend au mot la jeune sœur inconnue !
«Dimanche prochain, pendant que je montrerai des illustrations
à mes visiteurs,
frère Girard déposera à la dérobée
sur la tête de chaque Esquimau une pincée de cette
terre. »
ce qui fut fait …
le dimanche suivant,
les esquimaux reviennent voir le Père et décident
dese convertir
et Le 2 juillet 1917, le Père peut enfin baptiser quatre
familles.
Mgr Charlebois décide de demander au Pape de nommer Thérèse
Patronne des missions,
elle qui avait dit : «J’aiderai les prêtres,
les missionnaires, toute l’Église ».
Or Thérèse vient justement d’être canonisée
par le Pape Pie XI, le 17 mai 1925.
Il demande leur approbation
et leur signature à tous les Ordinaires des Missions canadiennes.
Ce fut facile,
car tous avaient déjà largement bénéficié
de la « pluie de roses » annoncée du vivant
de la Sainte de Lisieux.
Ils avaient une dette de reconnaissance envers elle.
« La requête
projetée par Mgr Charlebois fut envoyée au Saint-Père,
portant la signature de tous les Ordinaires canadiens.
Mais le Saint-Père la retourna, disant : "Faites signer
cette pétition par tous les évêques missionnaires".
Ainsi fut fait.
Les évêques missionnaires signèrent,
chacun relatant les [...] miracles opérés par la
Petite Thérèse en faveur de leurs missions. »
(Vie thérésienne, No 110, p. 105)
Et c’est ainsi
que, le 14 décembre 1927,
par décret papal, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus
est proclamée,
au même titre que saint Francois Xavier,
« patronne spéciale des Missionnaires et des Missions
».
Sr Hélène,
ocd
ce récit est relaté sur le site : http://www.lecarmel.org/therese/themes/mission/05.shtml
Voilà comment Thérèse nous envoie,
chacun d’entre nous annoncer la bonne nouvelle de Jésus
Christ
aux habitants de Châtillon et d'ailleurs, où nous
vivons....
Henri Coirier
oct 2005
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