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CONNAITRE ET AIMER THERESE DE LISIEUX

Cet enseignement court, donné à Chatillon,
en octobre 2005,
reprend des points essentiels de la personnalité de Thérèse


 

Quand Thérèse Martin, carmélite à Lisieux, est morte,
le 30 septembre 1897,
il n'y avait 30 personnes
à suivre son corbillard vers le cimetière;

et une religieuse du Carmel se demandait bien
ce qu'on pourrait raconter
sur cette jeune sœur de 24 ans, gentille et effacée

Et pourtant,
28 ans après sa mort, •
Elle a été béatifiée, en 1923 •
Elle a été canonisée en 1925 •
Elle a été proclamée patronne des missions en 1927 :
Et docteur de l'Eglise en 1997


un ouragan de gloire ! •

Pie XI a dit d'elle :

C'est la plus grande sainte des " temps modernes "

et elle est restée 9 ans derrière les grilles du Carmel !

Nous voulons ce soir partager avec vous pour mieux connaître et aimer Thérèse

et pour découvrir son secret

à l’aide de 3 points :

1° Qui était Thérèse de Lisieux, Carmélite.
quels ont été les « axes directeurs » de sa vie ?

2 ° Qui était Thérèse Martin, enfant et adolescente ?

3° Comment Thérèse a vécu « les axes directeurs » de sa vie au Carmel ?

1° Qui était Thérèse de Lisieux,Carmélite ? quels ont été les axes directeurs de sa vie

En septembre 1896, 1 an avant sa mort,
sœur Marie du Sacré Cœur, sa marraine, une de ses sœurs de sang
demande à Thérèse de lui donner
un souvenir écrit de la retraite qu’elle vient de faire ;

Et Thérèse lui ouvre son cœur et son âme, dans une longue lettre,
avec simplicité et profondeur : Voilà quelques extraits :
« Ne croyez pas que je nage dans les consolations…

A l'oraison mes désirs me faisant souffrir un véritable martyre :

Être ton épouse, , être carmélite, être par mon union avec toi, Jésus, la mère des âmes,
cela devrait me suffire…
il n’en est pas ainsi…
je sens en moi d’autres vocations ;
je me sens la vocation de GUERRIER, de PRETRE, D’APÔTRE,
de DOCTEUR, de MATRYR ;

je sens le besoin, le désir d’accomplir pour toi Jésus,
toutes les œuvres les plus héroïques...
Je sens en mon âme le courage d’un Croisé, d’un Zouave Pontifical,
je voudrais mourir sur un champ de bataille pour la défense de l’Eglise...

Le Martyre, voilà le rêve de ma jeunesse…
voudrais être flagellée et crucifiée...
mourir dépouillée …être plongée dans l'huile bouillante,
je voudrais subir tous les supplices infligés aux martyrs...

Je voudrais parcourir la terre, prêcher ton nom, annoncer l’évangile dans les 5 parties du monde ;
Je voudrais être missionnaire.

C’est fabuleux !!! mais, après cette envolée spirituelle,
Thérèse atterrit :

« Jésus! à toutes mes folies que vas-tu répondre?..
Y a-t-il une âme plus petite, plus impuissante que la mienne!...
Cependant à cause même de ma faiblesse, tu t'es plu,
Seigneur,
à combler mes désirs d’enfant,
et tu veux aujourd'hui, combler d'autres désirs plus grands que l'univers... »


Nous voyons déjà là, 2 axes profonds de la spiritualité de Thérèse :

1° le désir et l’appel fort à aimer et annoncer Jésus

2° la conscience de sa pauvreté totale.


Marie de SC est triste à la lecture de cette lettre ;
comme elle n’a pas les désirs de Thérèse, elle pense qu ‘elle aime moins Jésus ;

alors Thérèse lui écrit de nouveau :

« mes désirs de martyre ne sont rien…
tous ces désirs sont une consolation que Jésus accordent parfois
aux âmes faibles comme moi.

Ah, je sens bien que ce n’est pas du tout cela qui plait au Bon Dieu dans mon âme ;

ce qui lui plait :

>>>>c’est de me voir aimer ma petitesse et ma pauvreté,
>>>> c’est l’espérance aveugle que j’ai en sa miséricorde….

Voilà mon seul trésor, chère marraine,
pourquoi ce trésor ne serait-il pas le votre ? »

sa pensée se précise :
il y a maintenant 3 points, dans un ordre nouveau

 


1° Aimer de sa pauvreté totale.

2° L’espérance aveugle dans l’amour et la miséricorde de Jésus pour elle

3° le désir et l’appel fort à aimer et annoncer Jésus


voilà qui était Thérèse de Lisieux, carmélite

2° Qui était Thérèse Martin, enfant et adolescente ?


>> Elle a mené une vie courte et dense : 1873-1897 : 24 ans :
jusqu’à 15 ans dans le monde ; ensuite 9 ans au carmel.

>> issue d’un famille profondément chrétienne,

>> à 4ans et demi elle perd sa mère, puis ses deux sœurs rentrent au carmel,
d’où de profondes blessures affectives ;

>> elle est mal dans sa peau jusqu’au soir de Noël 1886, elle a 13 ans et demi,
où elle reçoit la grâce de sa complète conversion

« J'étais vraiment insupportable par ma trop grande sensibilité ;
ainsi, s'il m'arrivait de faire involontairement une à une personne que j'aimais,
au lieu de prendre le dessus et de ne pas pleurer,
je pleurais comme une Madeleine…. et je pleurais d'avoir pleuré..

En cette nuit jésus me rendit forte et courageuse,
Il me revêtit de ses armes et depuis cette nuit ,
je ne fus vaincue en aucun combat,
mais au contraire je marchai de victoires en victoires et commençai pour ainsi dire,
«une course de géant !...»


Il fit de moi un pêcheur d'âmes,
je sentis un grand désir de travailler à la conversion des pécheurs,
désir que je n'avais pas senti aussi vivement...
Je sentis en un mot la charité entrer dans mon cœur,
le besoin de m'oublier pour faire plaisir et depuis lors je fus heureuse !...


>> Quelques temps après, en regardant une photographie de du Christ en Croix,
Thérèse est frappée par le sang qui tombe d'une des ses mains ;
elle éprouve une grande peine en pensant que ce sang tombait à terre
sans que personne ne le recueille,
et elle résolus de se tenir en esprit au pied de [la] Croix pour le recevoir…


>>" Le cri de Jésus sur la Croix retentissait aussi continuellement dans mon cœur :
«J'ai soif!»
Ces paroles allumaient en moi une ardeur inconnue et très vive...
Je voulais donner à boire à mon Bien-Aimé
et
je me sentais moi-même dévorée de la soif des âmes...
Ce n'était pas encore les âmes de prêtres qui m'attiraient,
mais celles des grands pécheurs,
je brûlais du désir de les arracher aux flammes éternelles..."


>> Puis, c’est la conversion de Pranzini , un assassin condamné à mort pour crimes ;
Thérèse veut le sauver, prie pour lui, fait dire une messe à son intention ,
et demande un signe au Seigneur attestant la conversion de son « pécheur »
Pranzini est exécuté.
Thérèse, en cachette de son père, lit dans la Croix le récit de l’exécution de Pranzini et raconte :

Pranzini ne s'était pas confessé, il était monté sur l'échafaud et
s'apprêtait à présenter la tête,
quand tout à coup, saisi d'une inspiration subite, il se retourne,
saisit un Crucifix que lui présentait le prêtre et baise par trois fois ses plaies sacrées !...

Thérèse s’écria :
" J'avais obtenu «le signe demandé » ;
Ah ! depuis cette grâce unique,
mon désir de sauver les âmes grandit chaque jour,
il me semblait entendre Jésus me dire comme à la samaritaine : « Donne-moi à boire ».


>> Le désir de Thérèse de rentrer au Carmel se creuse et s’affirme ; elle a 15 ans ;
les obstacles se dressent devant elle…
Lors d’un pèlerinage en Italie ,
elle demande même un dérogation en se jetant aux genoux du pape Léon XIII lors d’une audience ;

>> Puis lors de ce voyage, elle découvre sa vocation : prier pour les prêtres ;

>> Et enfin, le 9 avril 1888,
elle entre au Carmel ;

c’est une jeune fille décidée et volontaire, qui a souffert,
et a vécu la guérison intérieure et la conversion ;

Elle devient sœur Thérèse de l'enfant Jésus et de la sainte Face.




3° Comment Thérèse a vécu les « 3 axes directeurs » de sa vie ?:



1° Aimer de sa pauvreté totale.

2° L’espérance aveugle dans l’amour et la miséricorde de Jésus pour elle

3° le désir et l’appel fort à aimer et annoncer Jésus


1° Aimer de sa pauvreté totale

Thérèse a toujours devenir une sainte;
mais, elle a conscience de sa faiblesse


" Alors, me grandir, c'est impossible;
en effet, pendant 10 ans, elle a expérimenté son impuissance :
Thérèse a cherché et nous fait part de ses réflexions
Je veux chercher le moyen d'aller au Ciel par une voie
bien droite, bien courte, une voie nouvelle.

je voudrais trouver un ascenseur pour m'élever jusqu'à Jésus,
car je suis trop petite pour monter l'escalier de la perfection.


Alors, j'ai cherché dans les livres saints et j'ai lu ces mots :
Si quelqu'un est tout petit, qu'il vienne à moi ......
l'ascenseur qui doit m'élever jusqu'au ciel, ceux sont vos bras, Jésus !

Pour cela je n'ai pas besoin de grandir, au contraire, il faut que je reste petite,
que je le devienne de plus en plus."

C’est l’enfance spirituelle, ou voie d'enfance.


Qu'est-ce que c'est ?

x C'est l'esprit de l'Evangile

x C'est l'attitude des petits enfants

. ils se savent radicalement dépendants de leurs parents et ils trouvent cela normal
. Quand un enfant a des difficultés, il appelle
. il ne s'étonne pas de tomber et se relève aussitôt.

x Une soeur demandait à Thérèse : Qu"entendez-vous par rester petit ?
Elle répondait :

. C'est reconnaître notre néant, notre pauvreté, notre faiblesse, notre péché.
. C'est tout attendre du Bon Dieu comme un enfant attend tout de son Père
. C'est ne s'inquiéter de rien;
mais s'abandonner dans la confiance à l'amour de Jésus.

2° L’espérance aveugle dans l’amour et la miséricorde de Jésus pour elle

>> Thérèse sait qu'elle est aimée de Dieu, de Jésus.
Elle l'a expérimenté et elle a reçu des grâces ;
Elle le dit elle-même :
" En cette nuit de Noël 1886, …je sentis la charité entrer dans mon cœur "

C'est le fondement de l'enseignement de Thérèse à ses novices et aujourd'hui,
ses novices, c'est nous ;

Thérèse nous invite à connaître l'Amour de Jésus
tel qu'il est et à y répondre par un acte de foi.
Thérèse sait très bien que cet Amour,
si nous l'avons éprouvé, nous ne le sentirons pas toujours -
Thérèse ne l'a pas toujours éprouvé, elle a eu des doutes et elle traversé la nuit-.

Thérèse nous propose aussi de faire :

Un acte de foi dans l'amour de Dieu

>>>>>> à nous appuyer sur les grâces passées, sur ce que nous avons reçu de Dieu,
même si c'est dans notre enfance.

>>>>>>à river notre regard sur Jésus :
Seigneur Jésus, je crois que tu m'aimes

>>>>> à nous établir dans la certitude
d'être aimé d'un Amour unique et absolu
qui que nous soyons et quoique nous ayons vécu.

>> Thérèse croit à la miséricorde de dieu

Je vais vous raconter l'histoire du lapin blanc,

Un roi, qui était parti à la chasse, poursuivait un lapin blanc,
que ses chiens allaient bientôt attraper;
Soudain, le lapin se sentant perdu,
rebroussa chemin rapidement,
et sauta dans les bras du chasseur;

Celui-ci touché par tant de confiance,
ne voulut plus se séparer du lapin, se réservant le soin de le nourrir.

Et, Thérèse ajoute :
"Ainsi, le Bon Dieu fera-t-il avec nous,
si poursuivis par la Justice,figurée par les chiens,
nous cherchons refuge dans les bras de notre Juge"


Elle est toute simple cette histoire !
c'est une vraie parabole;
Thérèse aimait beaucoup les comparaisons pour former les novices;
Le 11 juillet 1897, quelques mois avant sa mort,
elle insiste auprès de Mère Agnès :

"On pourrait croire que c'est parce que je n'ai jamais péché
que j'ai eu une si grande confiance dans le Bon Dieu;
Dites bien ma Mère :

Si j'avais commis tous les crimes possibles,
je garderai toujours la même confiance,
Car je sais bien que cette multitude d'offenses
n'est qu'un goutte d'eau,
dans un brasier ardent "



3° le désir et l’appel fort d’à aimer de charité et d’ annoncer Jésus

Thérèse s’interroge :
" Comment une âme aussi imparfaite que la mienne peut-elle aspirer
à posséder la plénitude de l’amour ?
Comment faire pour te prouver mon amour ?"

Thérèse va rendre amour pour amour, en pratiquant le charité
et
en annonçant Jésus par tous les moyens à sa disposition :

Laissons parler Thérèse

>>" Oui, je le sens lorsque je suis charitable,
c'est Jésus seul qui agit en moi.
Plus je suis unie à Lui, plus j'aime mes sœurs "

>> "Oui mon Bien-Aimé,
voilà comment se consumera ma vie...
Je n'ai d'autre moyen de te prouver mon amour,
que de ne laisser échapper aucun sacrifice,
aucun regard, aucune parole,
de profiter de toutes les plus petites choses et de les faire par amour"

>> Au carmel, Thérèse mettait des médailles de la sainte Vierge dans les vêtements des ouvriers,
les cachant soigneusement dans la doublure.

>> Un jour, je la voyais très fatiguée de promener dans le jardin par obéissance ;
elle me rappela sa doctrine sur les actes les plus simples ;
« je marche me dit elle, pour un missionnaire.
Je pense que là-bas, bien loin, l’un d’eux est épuisé par ses courses apostoliques
et pour diminuer ses fatigues j’offre les miennes au bon Dieu »

>> " Quel mystère,
par notre charité pratiquée dans l'ombre et par nos petits actes,
nous convertissions au loin des âmes
et nous aidons les missionnaires."


>> Thérèse avec l’accord de ses supérieures a établi une correspondance avec 2 missionnaires :
l’abbé Bellière et le Père Roullaud, en chine

>> elle aurait aimer partir pour la création du Carmel de Saïgon

>> Marie du Sacré-Cœur raconte :
Thérèse fit une neuvaine à saint François Xavier :
« J’ai demandé la grâce de faire du bien après ma mort et
je suis sure d’être exaucée » et aussi

« Après ma mort, je ferai tomber une pluie de roses »
ces promesses ont été réalisées :

 


Elle est devenue patronne des Missions :
en voici le récit :

Dans le grand Nord canadien,
en 1916,
dans le courrier qui n’arrive qu’une fois l’an,
une inconnue envoie au Père Turquetil, de France, une brochure intitulée :

"Vie abrégée de sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus. Je passerai mon Ciel à faire du bien sur la terre."

« Connais pas », dit le Père...

On y a joint un papier plié en quatre, contenant un peu de terre prélevée sur la tombe de la jeune religieuse.

Dans la tête du P. Turquetil jaillit une idée :
il prend au mot la jeune sœur inconnue !
«Dimanche prochain, pendant que je montrerai des illustrations à mes visiteurs,
frère Girard déposera à la dérobée sur la tête de chaque Esquimau une pincée de cette terre. »

ce qui fut fait …

le dimanche suivant,
les esquimaux reviennent voir le Père et décident dese convertir
et Le 2 juillet 1917, le Père peut enfin baptiser quatre familles.

Mgr Charlebois décide de demander au Pape de nommer Thérèse Patronne des missions,
elle qui avait dit : «J’aiderai les prêtres, les missionnaires, toute l’Église ».

Or Thérèse vient justement d’être canonisée par le Pape Pie XI, le 17 mai 1925.

Il demande leur approbation et leur signature à tous les Ordinaires des Missions canadiennes.

Ce fut facile,
car tous avaient déjà largement bénéficié de la « pluie de roses » annoncée du vivant de la Sainte de Lisieux.
Ils avaient une dette de reconnaissance envers elle.

« La requête projetée par Mgr Charlebois fut envoyée au Saint-Père,
portant la signature de tous les Ordinaires canadiens.

Mais le Saint-Père la retourna, disant : "Faites signer cette pétition par tous les évêques missionnaires".

Ainsi fut fait.
Les évêques missionnaires signèrent,
chacun relatant les [...] miracles opérés par la Petite Thérèse en faveur de leurs missions. »
(Vie thérésienne, No 110, p. 105)

Et c’est ainsi que, le 14 décembre 1927,
par décret papal, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus est proclamée,
au même titre que saint Francois Xavier,

« patronne spéciale des Missionnaires et des Missions ».

Sr Hélène, ocd



ce récit est relaté sur le site : http://www.lecarmel.org/therese/themes/mission/05.shtml

Voilà comment Thérèse nous envoie,
chacun d’entre nous annoncer la bonne nouvelle de Jésus Christ
aux habitants de Châtillon et d'ailleurs, où nous vivons....

Henri Coirier
oct 2005