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Thérèse Martin a vécu au carmel de Lisieux
une existence simple et effacée
à tel point qu' à sa mort, il y avait trente personnes
pour la conduire au cimetière,
et qu'une de ses sœurs se demandaient bien
ce qu'on pourrait raconter sur sa vie.

Or, environ trente ans plus tard,
elle était béatifiée, canonisée,
déclarée patronne des Missions
et Docteur de l'Eglise, en 1997.

Toute sa vie et tous ces enseignements deviennent officiellement imitables

Aujourd'hui,
nous sommes appelés à nous mettre "à l'école de Jésus",
avec Thérèse
pour mieux apprendre d'abord, puis vivre les 4 points de repères suivants :

Enraciner sa foi dans l'amour de Dieu
Vivre le mouvement d'abandon
Mettre la prière au centr de sa vie
Etre missionnaire et vivre la charité

Nous allons devenir les novices de Thérèse de Lisieux

1-ENRACINER SA FOI DANS L'AMOUR DE DIEU

L'amour de Jésus pour Thérèse

 

Thérèse sait qu'elle est aimée de Dieu, de Jésus.

Elle l'a expérimenté et elle a reçu des grâces ;

Elle le dit elle-même :

" En cette nuit de Noël 1886, …je sentis la charité entrer dans mon cœur "

Mais Thérèse ne se contente pas de sentir,
elle veut comprendre de quel amour elle est aimée.

Alors elle cherche.
 ( le mot chercher revient 122 fois dans les écrits de Thérèse)

Toute sa vie Thérèse a cherché ;

comme le dit Céline, Thérèse scrute les écritures
pour connaître le caractère de Dieu.

Par sa façon de lire et de recevoir la parole de Dieu, Thérèse nous enseigne :

- elle a toujours sur elle les 4 évangiles

                          - quand elle a du mal à se fixer, elle lit l'évangile
et les passages de l'ancien testament
 auxquels elle a accès ;

- elle demande " des paroles " à Dieu :

" Jésus m'instruit dans le secret ; ce n'est pas par le moyen des livres,
car je ne comprends pas ce que je lis,
mais parfois une parole comme celle que j'ai tirée

à la fin de l'oraison vient me consoler "

- Thérèse a des intuitions ;
elle cherche dans les écritures pour savoir  si c'est la vérité.
Toutes ses trouvailles sont fondées sur la Parole de Dieu.

Thérèse a lu dans les Proverbes :

" Si quelqu'un est tout petit, qu'il vienne à moi. "

Et, elle a lu dans Isaïe :

" Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai,
je vous porterai sur mon sein et je vous caresserai sur mes genoux "

Thérèse comprend ce qu'est l'amour de Jésus pour elle :

· C'est un amour personnel, de personne à personne :

Céline fait un voyage à Paray le Monial et Thérèse lui écrit :

" Moi, je ne vois pas le Sacré Cœur comme tout le monde ;
Je pense que le cœur de mon époux est à moi seule,
comme le mien est à Lui seul ;
et, je lui parle alors dans la solitude de ce cœur à cœur… "

· C'est un Amour Infini

Dieu, étant infini, ne peut qu'aimer infiniment ;

Thérèse trouve cette comparaison :

" De même que le soleil éclaire en même temps les cèdres et chaque petite fleur,
comme si elle était seule sur la terre, de même le Seigneur s'occupe de chaque âme,
aussi particulièrement, comme si elle n'avait pas de semblable ".

Dieu nous aime jusqu'à donner son fils qui donne sa vie ;

Thérèse a beaucoup regarder Jésus sur la croix.

· C'est un Amour absolument gratuit

· C'est un Amour qui attend, un Amour qui a soif

Thérèse s'interroge :
" Quelle raison peut-Il nous donner à son amour ? "

L'amour de Dieu est indépendant de notre médiocrité ou de nos mérites ;

Thérèse écrit :

" Depuis qu'il m'a été donner de comprendre l'amour du cœur de Jésus,

Il a chassé de mon cœur toute crainte "

Thérèse a perçu un autre trait de caractère de l'Amour de l'Amour de Jésus :


Thérèse commente l'évangile :


" Jésus n'a pas craint de demander un peu d'eau à la Samaritaine,

car il avait soif ; mais en disant : donne moi à boire,

c'était l'amour de sa créature que le Créateur de l'univers réclamait.

Il avait soif d'amour ;

Ah, je le sens plus que jamais Jésus est altéré ;

il ne rencontre que des ingrats et des indifférents. "

Thérèse se répète souvent la parole de Jésus :

" J'ai soif "

L'Amour de Thérèse pour Jésus

THERESE VEUT REPONDRE AMOUR POUR AMOUR

De même que l'amour de Jésus est pour chacun de nous,

De même Il attend, Il a besoin que chacun individuellement et en Eglise,

nous Lui répondions.

La première attitude de Thérèse, c'est d'y croire ;

Dans sa 1° lettre,

saint Jean dit : " Nous avons connu l'amour de Dieu et nous y avons cru "

C'est le fondement de l'enseignement de Thérèse à ses novices et aujourd'hui,

ses novices, c'est nous ;

Thérèse nous invite à connaître l'Amour de Jésus

tel qu'il est et à y répondre par un acte de foi.

Thérèse sait très bien que cet Amour,

si nous l'avons éprouvé, nous ne le sentirons pas toujours -

Thérèse ne l'a pas toujours éprouvé, elle a eu des doutes et elle traversé la nuit-.

La deuxième attitude de Thérèse

est de nous proposer, en bonne maîtresse des novices, de faire :

Un acte de foi dans l'amour de Dieu

· En s'appuyant sur les grâces passées,

sur ce que nous avons reçu de Dieu,
même si c'est dans notre enfance.


· En rivant notre regard sur Jésus :
Seigneur Jésus, je crois que tu m'aimes


· En transformant tout en amour C'est cela , le premier message de Thérèse :
celui qui va ouvrir toutes les portes.

Thérèse veut, comme pour ses novices,

nous établir dans la certitude d'être aimé d'un Amour unique,
absolument,
qui que nous soyons et quoique nous ayons vécu.

Et je suis sure que Thérèse demande cette grâce pour nous ;

Elle a dit : " Jésus ne pourra rien me refuser au ciel,

car je ne lui ai rien refusé sur la terre ; "

2-THERESE VA VIVRE LE MOUVEMENT D’ABANDON

Maintenant , Thérèse va aimer en actes pour montrer son amour à Jésus :

Elle va le faire en vivant dans la vie quotidienne, dans la confiance  de l’enfant

En s’appuyant sur "le mouvement d'abandon"

Qu'est ce que le mouvement d'abandon;
Le Père Victor Sion l’explique très bien
Il se déroule en 3 temps:

1° temps : un regard objectif sur la situation que je vis, avec lucidité,
dans la lumière de Dieu

2° temps : Reconnaître et accepter la situation; accepter la volonté de Dieu,
dans ma vie.

3° temps : Offrir à Jésus ce qui est lourd à porter

Prenons des exemples pour illustrer ces situations;

nous prendrons d'abord des exemples simples de la vie courante,
puis d'autres plus lourds à vivre.

Exemples simples

. Mon mari a pris la voiture et a oublié de mettre de l'essence.

. les enfants ont quitté leur chambre et n'ont pas fermer la fenêtre,
il a plus sur le parquet.

. J'ai dépassé le temps de stationnement, et je dois payer un PV

. Après un voyage, j'arrive à l'hôtel et je m'aperçois que mon dentifrice a coulé sur mes affaires;

On pourrait citer une multitude d'exemples de la vie quotidienne
qui nous contrarie et nous donnent  autant d'occasions de rouspéter
et nous mettre en colère.

Que nous enseigne Thérèse ? Reprenons les trois temps de l'abandon.

1° temps : un regard objectif sur la situation que je vis;

Dans tous ces exemples, je prends un peu de recul

et je m'aperçois qu'il n'y a rien de grave.

2° temps : Reconnaître et accepter la situation;

J'accepte ce contre temps ou cette contrariété.

3° temps : Offrir à Jésus

Je fais un acte d'offrande à Jésus pour une intention qui m'est chère.

Ces mouvements d'abandon sont simples et nous pouvons les pratiquer tout au long de notre journée.

ils sont pacifiant et peuvent se faire en un clin d’œil,

ou sur une période plus longue, s'ils sont plus douloureux;

Exemples plus lourds à vivre

Je suis venue en session d'été à Paray le Monial
et j'ai dans le cœur une grande souffrance,

car je suis célibataire à 36 ans,
ou j’assume seule l’éducation de mes enfants,
ou j’ai un problème important dans mon couple ou mon travail.

1° temps : un regard objectif sur la situation que je vis,
avec lucidité, dans la lumière de Dieu

Je regarde ma vie avec ses joies et ses peines;

je me rends compte une nouvelle fois que c'est impossible à porter seule;

Je me retrouve encore complètement écrasée, impuissante et vulnérable.

j'ai mal.

2° temps : Reconnaître et accepter la situation;
accepter la volonté de Dieu, dans ma vie.

Devant ce dénuement complet, j'accepte la volonté de Dieu dans ma vie

et je dis : "oui"

3° temps : Offrir à Jésus ce qui est lourd à porter

Ce "oui" que je viens de lui dire avec ma volonté de femme libre, ce "oui"

je le donne à Dieu et je lui offre ma souffrance.

Puis, sur de la parole de Jésus :

"Venez à Moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau,
Moi je vous donnerai le repos"

Je me lève et je vais vers le Seigneur, je Lui ouvre mon cœur,
et, si c'est vraiment trop lourd, je pleure près de Lui,

Mais, l'acte d'offrande est fait, ça y est, j'ai tout donné.

3- METTRE LA PRIERE AU CENTRE DE SA VIE

Thérèse n'a fait qu'un seul effort dans sa vie: rester unie à Jésus :

Plus je suis unie à Jésus, plus j'aime mes soeurs

Alors, voyons comment

Thérèse est restée unie à Dieu et elle a prié

Commençons par un récit de sœur Henriette qui était religieuse
à l'Abbaye ND du Pré à Lisieux
lorsque Thérèse y préparait sa première communion,
(elle devait avoir environ 11 /12 ans) :

" Un jour, après qu'elles eurent enterré un petit oiseau,
Thérèse tout à coup me regarde et me dit :

Soeur Henriette,
" Comment est-ce qu' une religieuse fait oraison ? "

" Je ne sais pas, dis-je, comment font les autres ;

pour moi
je m'imagine que je fais un peu comme vous,
Thérèse,

quand vous arrivez le soir près de votre papa
que vous n'avez pas vu depuis le matin.

Vous lui sautez au cou, vous lui montrez vos bonnes notes,
vous lui racontez toutes sortes de petites choses ;
tout y passe :
vos joies comme vos peines.

Eh bien,
moi
je fais de même avec le Bon Dieu,
c'est mon Père.

Par la pensée, je me mets tout prèsde Lui,
je l'adore en me faisant toute petite comme vous ;
je lui parle ;
c'est avec tout mon cœur que je fais mon oraison.

Comme le temps passe vite ! "

Thérèse me remercia et s'en alla toute contente.


A travers les quelques confidences faites de sa vie intérieure,
on perçoit que Thérèse a gardé,
au carmel,
une conception simple et profonde de la prière de son enfance :

" Je n'ai pas le courage de m'astreindre à chercher dans les livres de belles prières,
cela me fait mal à la tête, il y en a tant…


Je dis tout simplement au Bon Dieu ce que je veux lui dire,
sans faire de belles phrases et Il me comprend. "(passage souligné par Thérèse)


Et, elle précise , avec humour : " aux âmes simples, il ne faut pas de moyens compliqués ; "

La méditation lui paraît difficile et elle ajoute :

" Pour moi la prière, c'est un élan du cœur,
c'est un simple regard jeté vers le ciel ;
c'est un cri de reconnaissance et d'amour
au sein de l'épreuve comme dans la joie ;

C'est quelque chose de grand,
de surnaturel Qui me dilate l'âme
et m'unit à Jésus. "


Donc, pour Thérèse, sa prière est essentiellement personnelle,
un entretien simple avec Jésus ;
Elle Lui parle de ses préoccupations
mais aussi des intérêts de l'Eglise,
de sa Beauté,
de son Amour pour les hommes,
des pêcheurs ;

Thérèse ne reste pas au niveau du cœur,
" elle cherche à connaître Dieu, à découvrir pour ainsi dire son caractère "
en étudiant les écritures.

Mais, ne rêvons pas,
Thérèse a connu des difficultés dans sa prières :
les distractions, l'aridité, le sommeil ! …

et, elle est très lucide sur la conduite à tenir,
comme nous le rapporte une de ses sœurs

Témoignage de Mère Agnès de Jésus


" Malgré cet état de sécheresse,
elle n' était que plus assidue à l'oraison
et ne souffrait pas
qu'on dérobât un seul instant à cet exercice "

Elle disait à ces novices :

" C'est le temps du Bon Dieu, il ne faut pas le lui prendre "

 

 


Ainsi, Thérèse a mené pendant neuf années sa vie de carmélite,
vivant l'instant après instant dans la fidélité et l'union à Dieu.

C'est là que se trouve un des points majeurs
de la vie et de l'enseignement de Thérèse

: Enracinez chaque action de notre vie de tous les jours en Dieu et dans l'instant présent.

Alors, Thérèse peut faire le lien entre sa vie de prière et la charité :

" Oui, je le sens lorsque je suis charitable,
c'est Jésus seul qui agit en moi.
Plus je suis unie à Lui, plus j'aime mes sœurs "

 

4-ETRE MISSIONNAIRE ET VIVRE LA CHARITE


Pour parler de la charité,
le plus sur est de laisser Thérèse ou ses sœurs nous enseigner ;
elles sont intarissables sur ce thème
et nous donnent des témoignages très concrets !

Témoignage d'une sœur :

" A la fin de sa vie, alors que très malade,
elle écrivait son manuscrit dans le jardin,
je m'aperçus qu'elle était dérangée à chaque instant par les sœurs,
et qu'au lieu de s'impatienter ou même de prier humblement qu'on la laissât tranquille,
elle posait chaque fois sa plume et fermait son cahier avec un doux sourire.

Je lui demandait comment, dans ces conditions,
elle pouvait mettre deux idées de suite.
Elle me répondit :

" J'écris sur la charité fraternelle, c'est tout sur la terre :
on aime le bon Dieu dans la mesure où on la pratique "


Récit de Thérèse

" Il se trouve dans la communauté une sœur qui a le talent de me déplaire en toutes choses :
ses manières, ses paroles, son caractère me semblent très désagréables.

Aussi,
ne voulant pas céder à l'antipathie naturelle que j'éprouvais,
je me dis que la Charité ne devait pas consister dans les sentiments,
mais dans les œuvres ;
alors, je me suis appliquée à faire pour cette sœur
ce que j'aurais fait pour la personne que j'aime le plus…

Chaque fois que je la rencontrais,
je priais le bon Dieu pour elle ;
de plus, je tachais de lui rendre tous les services possibles
et quand j'avais la tentation de lui répondre d'une façon désagréable,
je me contentais de lui faire mon plus aimable sourire.

Un jour, à la récréation, elle me dit d'un air content :
" voudriez vous me dire sœur Thérèse ce qui vous attire en moi.
A chaque fois que vous me rencontrez, je vous vois sourire "

" Oh, ce qui m'attirait, c'était Jésus caché au fond de son âme !

Je lui répondis que je lui souriais parce que j'étais contente de la voir
-bien entendu, je n'ajoutais pas que c'était sur un plan spirituel ! "

Témoignage d'une autre sœur

" Elle prenait une part active,
la plus pénible qu'elle trouvait,
aux travaux communs,
choisissant pour elle la place la moins commode pour l'éviter aux autres.

C'est ainsi que, pendant l'été, à la buanderie,
elle se mettait à la place ou il y avait le moins d'air.
On s'en souvient si bien,
qu'on l'appelle aujourd'hui " la place de sœur Thérèse,
et les jeunes sœurs s'y mettent pour imiter sa charité.

Témoignage de Thérèse

" J'ai remarqué que les sœurs les plus saintes sont les plus aimées :
on recherche leur conversation,
on leur rend des services sans qu'elles le demandent…
Les âmes imparfaites, au contraire, ne sont pointes recherchées…
-en disant les âmes imparfaites-
je ne veux pas seulement parler des imperfections spirituelles….
Je veux parler du manque de jugement,
d'éducation, de la susceptibilité de certains caractères,
toutes choses qui ne rendent pas la vie très agréable……

Voici la conclusion que j'en tire :
Je dois rechercher en récréation la compagnie des sœurs qui me sont le moins agréables,
remplir près de ces âmes blessées l'office du bon Samaritain.
Une parole,
un sourire aimable,
suffisent souvent pour épanouir une âme triste.

Remarque de Thérèse à ses sœurs pendant une promenade dans le verger du carmel

Regardez ces poires très laides en apparence ;
elles sont l'image des sœurs qui nous déplaisent.
A l'automne,
quand on nous donnera ces fruits débarrassés des corps étrangers qui les défigurent,
nous les mangerons avec plaisir.

De même, au dernier jour,
nous serons dans l'étonnement de voir nos sœurs débarrassées de toutes leurs imperfections
et qui nous paraitront des saintes.


Pensée de Thérèse

Quel mystère,
par notre charité pratiquée dans l'ombre et par nos petits actes,
nous convertissions au loin des âmes
et nous aidons les missionnaires.


Pour terminer, cette confidence de Thérèse :

" Jamais la Sainte Vierge ne manque de me protéger
aussitôt que je l'invoque.
S'il me survient une inquiétude,
un embarras,
bien vite je me tourne vers elle et
toujours comme la plus tendre des mères,
elle se charge de mes intérêts "


Mai 2003