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Jésus entre donc
pour manger chez un pharisien, mais il ne s'est pas lavé les
mains.
"Jésus entra et se
mit à table.
Ce que voyant le pharisien s'étonna qu'Il ne se fût pas
d'abord lavé,
avant de déjeuner "
(Lc 11, 38).
Les purifications légales
étaient innombrables.
La piété de Jésus est d'un tout autre ordre,
elle consiste pour Lui dans un amour intérieur vis-à-vis
de Dieu, Père,
et non en des gestes traditionnels et superficiels.
Pour Lui, l'eau bénite ne remplace pas la charité.
Cette hypocrisie l'écoeure et Il le dit :
"Donc vous, pharisiens,
vous purifiez le dehors de la coupe et du plat ;
mais votre intérieur est rempli de rapine et de malveillance
"
(Lc 11, 39)
Il ne mâche pas ses
mots et a le courage de dire leur fait aux pharisiens, gens en place,
à l'influence redoutable.
"Insensés ! Est-ce
que celui qui a fait le dehors n'a pas fait le dedans aussi ?"
(Lc 11, 40).
L'humour ne manque pas,
lorsqu'Il leur conseille de se débarrasser de toute leur vaisselle
pour être purs définitivement :
"Toutefois,
donnez le contenu en aumône et voici que tout est pur pour vous"
(Lc 11, 41).
Jésus est hors de
Lui et
ses invectives traduisent son indignation devant cette religion monstrueuse
à ses yeux,
où les valeurs sont inversées.
On offre à Dieu,
au Père,
"la dîme de la menthe
et de la rue et de tous les légumes",
mais l'amour et la justice sont bafoués à son égard
et à l'égard de nos frères.
"Mais malheur à vous,
pharisiens,
qui acquittez la dîme de la menthe, de la rue et de tous les
légumes,
et qui omettez la justice et l'amour de Dieu !
Mais c'est ceci qu'il fallait pratiquer, sans omettre cela"
(Lc 11, 42).
Le texte de Matthieu précise,
et la liste ironique des légumes (fenouil et cumin)
nécessaires pour cette "sainte cuisine",
et la liste "des points
les plus graves de la loi, justice, compassion et bonne foi"
(Mt 23, 23)
parfaitement ignorés !
Jésus souligne cette démangeaison,
ce prurit de toujours vouloir paraître, qui nous guette tous,
gens d'église ou simples fidèles :
"Malheur à vous,
pharisiens, qui aimez être assis au siège d'honneur
dans les synagogues,
et à être salués sur les places !" (Lc 11,
43).
Cela sent son "grand catholique".
Jésus, encore une
fois, éclate devant l'hypocrisie,
les façades blanchies qui ne cachent qu'immondices.
Cette invective à
l'égard des pharisiens,
"sépulcres blanchis",
ne manquait pas de piquant,
quand on connaît la répulsion des juifs pour tout ce
qui entraînait l'impureté légale.
Les tombeaux étaient en tête de liste.
D'où l'ironie de ces reproches :
"Malheur à vous, scribes
et pharisiens hypocrites,
qui ressemblez à des sépulcres blanchis,
lesquels vus du dehors paraissent splendides,
mais à l'intérieur sont pleins d'ossements de morts
et de toute sortes d'immondices.
De la même façon,
vous aussi,
votre extérieur vous donne aux yeux des hommes l'apparence
de justes,
mais à l'intérieur vous êtes plein d'hypocrisie
et d'iniquité".
(Mt 23, 27-28).
Jésus nous libère
d'une religion hypocrite et routinière
où les mutiples préceptes et traditions,
inventés par les hommes,
nous dispensent de l'amour et de la justice.
Il nous met aussi en garde contre toute attitude orgueilleuse
et méprisante vis-à-vis de la foi populaire.
"Malheur à vous,
docteurs de la Loi, car vous avez dérobé la chef de
la science ; vous-mêmes n'êtes pas entrés,
et vous avez empêché ceux qui entraient".
(Lc 11, 52).
La "Science",
sans l'amour, est stérile,
surtout dans ce domaine de la science du salut des humbles.
Pour Jésus,
cette prétention de détenir la vérité
absolue,
avec cette morgue et ce dédain des petits,
est intolérable.
C'est un détournement des biens essentiels devenus une liste
de détails :
"Vous avez dérobé la clef de la science".