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LE DRAME DE JÉSUS
Référence de l'évangile : Jn 8, 51-59 -
et de la méditation : B 204 S 147
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Jésus de Nazareth

 

jeudi 13 mars 2008
Si quelqu’un garde ma Parole
il ne goûtera jamais la mort
.

Le drame de Jésus se situe très bien dans cette discussion
où Jésus va déclarer ouvertement à ses contemporains son identité.
Ses ennemis sont très logiques d’ailleurs,
car l’affirmation de Jésus au verset 51 du chapitre 8 de Jean
est un non sens,
si Celui qui le profère n’est qu’un homme.

En effet,
déclarer :

« En vérité, je vous le dis, si quelqu’un garde ma Parole, il ne verra jamais la mort »,
peut témoigner d’un esprit un peu dérangé.
C’est d’ailleurs ce que ses contemporains lui disent sans ambages :
« Tu es fou… »
« Maintenant nous voyons bien que Tu es possédé d’un démon. »
(Pour eux, les fous étaient possédés et ils s’en servaient comme d’oracles).


« Abraham est mort. Et les prophètes aussi.
Et Toi, Tu dis : si quelqu’un garde ma parole, il ne goûtera jamais la mort !
Serais-tu plus grand que notre père Abraham qui est mort ?
Et les Prophètes aussi sont morts !
Qui prétends-tu être ? »
(Jn 8, 52-53)


Et Jésus va les provoquer plus avant
et leur déclarer d’une manière fulgurante pour un juif,
qu’Il est bien Dieu.


Reprenant son thème favori :
que Dieu est son Père,
et que c’est son Père qui le glorifie dans les œuvres qu’Il lui permet d’accomplir
(ses miracles),
Il enchaîne alors en se retirant du temps.
C’est Lui que les ancêtres ont attendu.
C’est Lui qu’Abraham a vu, dans la vision de l’avenir de sa race.


« C’est mon Père qui me glorifie dont vous dites : c’est notre Dieu.
Et vous ne Le connaissez pas :
mais Moi, Je Le connais…
Abraham, notre père, a tressailli de joie à la pensée de voir mon jour :
et il l’a vu,
et s’en est réjoui ».
(Jn 8, 54-56)


Les juifs ricanent :
« Tu n’as pas encore cinquante ans et Tu as vu Abraham ? »
Alors cette affirmation qui tombe comme un coup de foudre :

« Avant qu’Abraham soit,
JE SUIS ».
(Jn 8, 58)


Pour un juif, cette affirmation ne pouvait laisser aucun doute,
Jésus reprenait à son compte la définition même de Dieu,
celle que Dieu avait donnée à Moïse dans le buisson ardentr :
« Je suis celui qui est. »

Il ose s’attribuer le Nom incommunicable.
Ils n’ont pas affaire à un fou
mais à un forcené qui se fait l’égal de Dieu.
Et ramassant des cailloux,
ils veulent le tuer.


« Ils prirent donc des pierres pour les lui jeter ;
mais Jésus se déroba
et sortit du Temple ».
(Jn 8, 59)


Jésus vient de signer son arrêt de mort.

Il s’est fait Fils de Dieu,
déclarent les princes des prêtres à Pilate,
Il mérite la mort.
Voilà pourquoi l’Envoyé du Père se verra immolé sur la croix.