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Lorsque Jean rapporte l’interrogation
de Pierre, à la fin de la cène :
« Seigneur, où vas-Tu
? »
(Jn 13, 36)
On ressent toute l’inquiétude
de Pierre devant le départ du Seigneur
et tout l’amour qu’il Lui porte.
Il est désorienté.
Et devant la fin de non-recevoir de Jésus,
comme s’il doutait de la solidité et du réalisme
de ses sentiments :
« Où je vais, tu ne
peux maintenant me suivre,
mais tu me suivra plus tard. »
(Jn 13, 36)
Pierre éclate et
proteste :
« Seigneur, pourquoi ne puis-je
Te suivre maintenant ?
Je donnerai ma vie pour Toi. »
Et dans Luc :
« Seigneur, avec Toi je suis prêt à marcher
et vers la prison et vers la mort. »
Jésus rappelle à Pierre sa fragilité :
« Je te le dis, Pierre :
le coq ne chantera pas aujourd’hui avant que tu n’aies
nié trois fois de me connaître »
(Lc 21, 34)
Cette déclaration
nous montre l’amour sincère de Pierre.
Nous n’avons guère à juger Pierre,
mais
à nous dire combien nous lui ressemblons dans notre fragile
amour du Seigneur :
un rien, une souffrance, un deuil, une contrariété,
et voici notre belle assurance disparue.
Marc a bien raison de nous
dire que les douze en disaient autant que Pierre :
« Quand il me faudrait mourir
avec Toi, je ne Te renierais pas. »
(Mc 14, 31)
Oui, combien nous leur ressemblons !
Père Gabriel