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En ces jours de la Résurrection,
j’aime méditer avec vous durant quelques instants
sur la rencontre de jésus et Marie-Madeleine au matin de Pâques.
Cette femme désemparée,
engloutie dans la faiblesse de son péché,
et à qui Jésus a permis d’exister, ne nous ouvre-t-elle
pas le chemin
de la merveilleuse amitié qui l’a transformée
?
Marie-Madeleine, après
la mort de Jésus, reste désemparée.
Avec Lui elle a tout perdu.
Elle se tient près du tombeau et elle pleure.
«
Or, Marie se tenait près du tombeau, au-dehors, pleurant »
(Jn 20, 11)
On ne pleure que ceux que l’on aime profondément,
on ne pleure pas un voisin, on se contente de plaindre sa famille.
Pour pleurer quelqu’un il faut que sa disparition nous bouleverse.
Jésus justement fut ainsi pleuré,
car sa mort a bouleversé tous ses amis.
Depuis cette rencontre chez
Simon,
Marie-Madeleine ne pense qu’à ce Seigneur qui lui a pardonné,
sans l’humilier,
pour l’entraîner sur les chemins mêmes de l’amour,
dans une nouvelle direction :
« Ses péchés,
ses nombreux péchés, lui sont pardonnés,
parce qu’elle a aimé beaucoup », avait osé
dire Jésus
devant elle aux invités du banquet.
Leurs sourires narquois s’étaient figés
(Luc 7, 47).
Et à elle-même
n’avait-Il pas ajouté :
« Tes péchés sont pardonnés, ta foi t’a
sauvée. Va en paix. »
Voilà pourquoi, elle pleure et pourquoi, à la
question des anges :
« Femme, pourquoi pleures-tu
? »
sa réponse la montre tournée vers Lui,
car, avec sa mort, son univers s’effondre :
« Parce que l’on a pris mon Seigneur et que je ne sais
pas où on l’a mis »
(Jn 20, 13)
Les larmes et le chagrin l’aveuglent,
et lorsque Jésus lui pose la même question, alors qu’elle
le voit, là, devant elle,
elle le prend pour le jardinier et sa réponse se fait agressive
:
« Seigneur, si tu l’as
emporté, dis-moi où tu l’as mis et j’irai
le prendre. »
La hardiesse de cette femme nous surprend
et nous donne la mesure de l’amour qui dévorait son cœur.
Mais un mot, un seul mot, son nom,
prononcé avec tendresse,
lui révèle, au timbre de la voix, la présence
de l’Ami
et la jette aux pieds de Jésus :
« Mariam ! Rabbouni !…
»
Déjà elle
s’élance vers Lui.
Jésus l’arrête :
« Ne me touche pas car
Je ne suis pas encore monté vers le Père,
mais va vers mes frères, et dis-leur :
Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu
et votre Dieu. »
Et son amitié se fait aussitôt enthousiaste :
« Marie de Magdala vient annoncer aux disciples : J’ai
vu le Seigneur » (Jn 20, 18)
Puisse le Seigneur nous
donner le même enthousiasme,
pour parler de cette amitié
qui devait transformer en «
ALLELUIA » la morosité de nos vies.
Consacrer
sa vie et sa journée à Jésus, par Marie