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Jésus rejoint Cléophas
et son compagnon qui devisent, tout tristes,
sur les événements de la mort tragique du Seigneur.
Il vient cheminer avec eux.
Le voici au cœur de leur angoisse et de leur doute.
« Et voici que, ce même
jour, deux d’entre eux se rendaient à un bourg situé
à (cent) soixante stades de Jérusalem, nommé
Emmaüs.
Et ils devisaient entre eux sur tout ce qui s’était passé.
Et il advint, pendant qu’ils devisaient et raisonnaient ensemble,
que Jésus Lui aussi, les ayant rejoints, cheminait avec eux
»
(Lc 24, 13-15)
Cléophas et son compagnon
discutent et raisonnent sur les événements.
La dimension de la foi leur échappe.
D’ailleurs ils ne reconnaissent même pas Jésus,
et dans leur état d’esprit, ils ne peuvent pas le reconnaître.
Ils sont au stade du Messie terrestre et triomphant,
et raisonnent à perte de vue sur les intrigues et les menées
politiques
des ennemis du prophète.
L’entrée de Dieu chez l’homme, par la mort et la
souffrance,
leur échappe totalement.
« Mais leurs yeux étaient
empêchés de la reconnaître »
(Lc 24, 16)
Jésus va les
provoquer.
« Il leur dit :
quels sont donc ces propos que vous échangez entre vous, en
marchant ?
Et ils s’arrêtèrent attristés » (Lc
24, 16-17)
La mort de Jésus
les a vraiment bouleversés.
« Es-tu donc le seul de passage
à Jérusalem
et qui ne sache pas ce qui s’y est passé ces jours-ci
?
Il leur dit : quoi dont ?
Ils lui dirent : ce qui concernent Jésus de Nazareth,
homme qui fut un prophète puissant en œuvres et en paroles
devant Dieu et devant tout le peuple,
et comment nos grands Prêtres et nos magistrats l’ont
livré
pour être condamné à mort et L’ont crucifié
! » (Lc 24, 18-20)
Qu’il est difficile
à nos volontés et à nos libertés
de croire au Messie souffrant
tant nous imaginons toujours un Messie magique
qui nous sauverait en dehors de ce que nous sommes,
des êtres fragiles et mortels.
D’où cette parole si forte pour nous tous, adressée
par Jésus à ses amis
sur la route d’Emmaüs :
« Oh ! (Que vous êtes)
peu clairvoyants !
Et que votre cœur est donc lent à croire à tout
ce qu’ont dit les prophètes !
Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela et entrât
ainsi dans sa gloire ?
Et commençant par Moïse et tous les prophètes
Il leur interpréta ce qui Le concernait dans toutes les Ecritures
». (Lc 24, 25-27)
Avec Lui, les Ecritures
s’ouvrent sur la grande espérance de l’homme.
Encore une fois, Dieu ne nous sauve pas d’une manière
magique.
Il nous crée mortels et fragiles, mais Il nous rejoint en Jésus
dans la souffrance de notre condition.
Jésus vit ce que nous vivons en acceptant ce que le Père
a voulu pour nous,
en son amour, dans la création.
Chemin de sa propre gloire et de la nôtre, dans sa résurrection.
« Et Ils approchèrent du bourg où ils allaient.
Et Lui fit semblant d’aller plus loin.
Et ils Le pressèrent avec insistance, disant : reste avec nous,
car le soir vient et le jour est déjà sur son déclin.
Et Il entra pour rester avec eux.
Et il advint qu’après s’être mis à
table avec eux,
prenant le pain, Il bénit Dieu et l’ayant rompu,
Il le leur donnait.
Leurs yeux s’ouvrirent ; et ils Le reconnurent.
Et Lui disparut d’auprès d’eux. » Lc 24,
28-31)
Les gestes de son amitié,
dans cette auberge d’Emmaüs, sont significatifs.
Il nous rapporte le Pain de la Vie.
Il nous le rompt et nous le donne, de la part de Dieu,
et son amitié nous convie à sa propre table.
Mais à notre foi de retrouver ces gestes dans la table eucharistique.
Le pain rompu,
l’espace d’un éclair, nous ouvre les yeux pour
reconnaître Jésus.
Qui, hormis Dieu, pourrait inventer de telles choses ?
C’est dans la foi, la foi seule, que cette rencontre arrive.
« Et se levant à l’heure
même, ils retournèrent à Jérusalem.
Et ils trouvèrent réunis les Onze et leurs compagnons
qui leur dirent :
le Seigneur est vraiment ressuscité et est apparu à
Simon.
Et eux-mêmes racontèrent ce qui s’était
passé dans le chemin
et comment Il avait été reconnu à la fraction
du pain. » (Lc 24, 35)
Geste inouï qui bouleverse
encore tant d’hommes et de femmes de par le monde.
Consacrer
sa vie et sa journée à Jésus, par Marie