Jésus a mesuré
chez les siens la soif du pouvoir.
Désir universel, car le pouvoir et sa recherche emportent tant
d’hommes,
hier comme aujourd’hui !
Lui ne veut pas de pouvoir terrestre. Il en a jaugé les œuvres.
Au soir de la multiplication
des pains, les siens ont tout organisé pour le faire roi.
La foule est préparée, bien chauffée.
Ce soir on l’enlèvera pour le faire roi.
Alors brutalement, Il échappe à cette royauté
tellement ambiguë.
« Oui, tu l’as dit,
Je suis roi, mais mon royaume n’est pas de ce monde ».
(Jn 18, 36-37)
Il dénoncera en effet
tout au long de sa vie ces deux racines de la cupidité
qui lancent l’homme dans tant d’actions malhonnêtes
:
la soif de commander, la soif de posséder.
Lui les méprise l’une et l’autre. Il fuit et le
pouvoir, et la richesse.
Les siens comme tant d’hommes, sont pris au miroir du pouvoir,
de la libération :
« Les gens donc, voyant le
miracle qu’Il avait fait, disaient :
c’est vraiment Lui le Prophète qui doit venir dans le
monde !
Jésus sachant donc qu’ils allaient venir et s’emparer
de Lui pour Le faire roi,
se retira de nouveau dans la montagne Lui seul ». (Jn 6, 14-15)
Lui seul… Car là
s’arrête l’amitié.
Il a dû contraindre les Douze à réembarquer et
à abandonner leur projet politique.
« Il contraignit les disciples
à monter en barque
et à le devancer sur la rive opposée,
jusqu’à ce qu’Il eut Lui-même congédié
les foules ». (Mc 6, 45)
Finie la confiance.
Il se retrouve seul pour n’avoir pas cru au «
politique d’abord »
On comprend qu’Il
ait besoin de prier seul dans la montagne
après cette prise de position contre ses disciples et leur
rêve d’un royaume terrestre
installé à leur profit et au profit de la nation.
Jésus a fait là
un choix primordial après la multiplication des pains.
Il a fui le pouvoir temporel qui s’offrait à Lui
porté qu’Il était à la Royauté par
la foule et ses propres disciples
en contraignant ces derniers à s’embarquer de nouveau
et à le laisser congédier la foule.
Il s’est vraiment donné à nous en cette occasion,
comme l’Homme libre
face à cette passion du pouvoir qui nous guette tous.
La politique et le Royaume
de Dieu sont dans deux ordres différents.
Le Royaume de Dieu est une transformation intérieure
et une réalité spirituelle.
La politique, que n’imprègne pas le Royaume ,
n’est que violence et idéologie ».
Nous ne le voyons que trop.
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