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Qui,
sinon la Vierge Marie,
a bien pu transmettre à Luc le récit de l’incident
de Nazareth ?
Elle aura été
tellement bouleversée par cette scène
que les détails en sont restés dans sa mémoire.
Au début, tout se
passe pour le mieux.
Jésus enseigne
à travers le texte d’Isaïe qu’il a choisi
de commenter.
Il rappelle que l’Envoyé du Père, conduit par
l’Esprit Saint,
n’est venu qu’apporter la Bonne Nouvelle
aux pauvres, aux captifs, aux aveugles que nous sommes.
Et pourtant Jésus
ne put faire aucun miracle dans sa patrie
parce que ses concitoyens, jaloux de ses dons et de son autorité,
refusèrent de lui faire confiance :
« Et Il s’étonnait
de leur incrédulité»
Le manque de confiance paralyse.
Son amour ne va qu’à ceux qui ont foi en Lui :
« Et Il ne fit pas là
beaucoup de miracles, à cause de leur incrédulité
»
Il ne fut donc pas reçu
par les siens.
Il est mal reçu chez Lui, dans sa bourgade
car sa Sagesse, sa Puissance lui créent des inimitiés
stupides et cancanières.
On ne trouve que des mots méchants et mesquins pour déprécier
son père et sa mère,
ses frères et sœurs : les plus pauvres du village !…
« D’où lui
vient cette Sagesse et ses miracles ?
N’est-ce pas le fils du charpentier ?
Sa mère n’a-t-elle pas nom “Marie’,
et ses frères “Jacques et Joseph, et Simon et Judas”
?
Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous ?
D’où lui vient donc tout cela ?
Et Ils se scandalisaient à son sujet »
Cela nous montre en contrepartie
combien Jésus aima les siens.
Ils furent tellement unis dans cette famille de Nazareth
que l’on ne sépare Jésus ni de sa mère
ni de son père adoptif Joseph.
Pour ses concitoyens, «
Il est le fils du charpentier »,
tant les silhouettes des deux hommes se sont fondues dans un même
travail !
Et si l’on parle de Jésus, on ne peut pas ne pas évoquer
sa mère :
« Sa mère ne s’appelle-t-elle
pas Marie ? »
Jésus, Marie, Joseph, groupe inséparable,
qui évoque l’un, évoque les deux autres
pour les habitants de la petite bourgade de Nazareth.
Il n’a pas trahi non plus sa parenté :
« Jacques, Joseph, Simon,
et Judas, ses frères et sœurs » sont inséparables,
eux aussi,
de l’image que ses contemporains se font de Lui
Mais malheureusement,
comme les contemporains d’Elie ou d’Élisée,
ses concitoyens passeront auprès du médecin divin, sans
en profiter
parce qu’ils ne croient pas en Lui.
Ce qui les étrangle : c’est la jalousie, l’envie…
Sa doctrine, ils l’admirent,
mais la petite interrogation acidulée notée par les
trois synoptiques est révélatrice !
« D’où lui
vient tout cela ? » N’est-ce pas choquant ?
Ce besogneux n’est-il pas le fils du charpentier, le fils de
celle que l’on appelle “Marie” ?
Non, ce n’est pas possible qu’un simple ouvrier puisse
avoir tant de génie, tant de talents !
« Et ils se scandalisaient
à son sujet »
Marie se rappelle
de tout cela comme si c’était hier :
lorsque son fils a parlé de Naïman et de la veuve de Sarepta,
tout a basculé.
La rage s’est emparée de ses concitoyens et ils en sont
venus aux voies de fait :
« En entendant
ces paroles, tous dans la synagogue furent remplis de colère,
et s’étant levés, ils le poussèrent hors
de la ville
et le conduisirent jusqu’au sommet de la colline sur laquelle
leur ville était bâtie
pour le précipiter »
Ils sont subjugués par cet homme.
Cette finale, avec son verbe rejeté en fin de phrase, nous
laisse sous l’impression
qu’Il les domine totalement et s’échappe quand
Il veut :
« Mais Lui, passant
au milieu d’eux, s’en allait ! ».
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